Ce qui change au 1er juillet

Les tarifs du gaz seront légèrement revus à la hausse, ceux de la téléphonie entre pays de l'Union européenne à la baisse. - -
Comme au 1er janvier, tous les ans, on n'y coupe pas : le 1er juillet est l'occasion pour le gouvernement de faire un tir groupé de nouvelles mesures. Et tout y passe, de la TVA à la téléphonie, sans oublier la participation salariale et les tarifs de la fourrière.
On téléphone pour moins cher en Europe
Depuis ce lundi matin, si vous voyagez dans l'Union Euroépenne, les tarifs des appels entre deux pays de l'Union Européenne diminuent, tout comme ceux d'Internet, tous opérateurs confondus. Cette baisse est due à l'entrée en vigueur, comme chaque 1er juillet, de nouveaux plafonds tarifaires pour l'itinérance d’après une décision de la Commission européenne. Passer un appel depuis l'un des 28 pays européens coûtera donc au maximum 24 centimes par minutes (hors TVA), contre 29 en 2012 (soit une baisse de 17%). En recevoir coûtera 7 centimes contre 8 auparavant (baisse de 12,5%), et l'envoi d'un SMS reviendra au maximum à 8 centimes. Pour la navigation sur Internet ou les données (photos, mails...), les prix restent élevés malgré une baisse de 36% par rapport à l'année dernière : il vous en coûtera 45 centimes le méga-octet.
« C’est une vraie opportunité, ça va dans le sens d’un vrai continent européen. Normalement, les frontières n’existent plus, je peux aller partout, pourquoi ne pas pouvoir appeler partout ? », s’interroge David, qui se rend deux fois par mois en Hollande pour son travail. Mais même avec la baisse, 24 centimes la minute, c'est encore trop, estime Claire, étudiante à Amsterdam : « Pour la famille en France, j’utilise Skype : c’est moins cher, il y a le webcam, c’est plus pratique ». Surtout que pour Alain Bazot, le président d'UFC-Que choisir, les baisses de tarifs ne suffisent pas. « Le surcoût facturé aux consommateurs n’est pas justifié, car les opérateurs n’ont pas de surcoût économique pour basculer d’un opérateur à l’autre », rappelle-t-il, en appelant à supprimer toutes ces taxes. Une mesure qui pourrait bien intervenir dès l'année prochaine puisque la commissaire européenne chargée des nouvelles technologies a annoncé son intention de présenter une loi en 2014 pour supprimer tous les surcouts dues à l'itinérance entre opérateurs.
L'épargne salariale est débloquée
Les salariés concernés pourront débloquer jusqu'à 20 000 euros de leur épargne salariale pendant 6 mois (jusqu'au 31 décembre 2013), sans être imposés, alors qu’il faut normalement attendre 5 ans. 12 millions de Français sont concernés, soit à peu près la moitié des salariés. Ils possèdent en moyenne 7 000 euros en intéressement et participation et cette épargne pourra être utilisé pour « l’achat d’un ou plusieurs biens, en particulier dans le secteur automobile, ou la fourniture d’une ou plusieurs prestations de services ». Une voiture, justement, c’est ce qui intéresse Guillaue qui travaille pour un grand groupe de cosmétiques. Il gagne très bien sa vie il a aujourd’hui 28000 euros d'épargne salariale disponible. « On a le projet de changer de voiture, et ça nous permet de ne pas faire de crédit », précise-t-il sur RMC, même si d’autres, comme Laurent, seraient plus prudents. « Si j’avais 20 000 euros, je les mettrais sur mon compte en banque, je n’y toucherais pas. On ne sait pas de quoi demain est fait ». Jérôme Dédeyan, spécialiste de l'épargne salariale, ne croit d’ailleurs pas trop à une réelle relance de la consommation. « Ça sort un peu du chapeau du gouvernement. Ça permettra à des gens de faire face à une dépense ponctuelle qui se présenterait à eux, mais ça n’ira pas vraiment plus loin ».
On éteint la lumière en sortant
Les publicités et enseignes de grands magasins, les façades des bâtiments publics comme les écoles, les gares ou les monuments ainsi que des entreprises ou entrepôts, devront être éteintes entre 1h et 7h du matin. Le gouvernement table sur une économie annuelle de 200 millions d'euros et de 2 térawattheures, soit la consommation annuelle d'électricité de 750 000 ménages. « Aberrant », pour Jean-Pierre Pelissier qui dirige une TPE marseillaise spécialisée dans les enseignes lumineuses. « C’est une mauvaise nouvelle parce qu’on va vendre moins d’enseignes lumineuses, parce que les gens vont y réfléchir à deux fois. C’est incompréhensible dans une économie où on développe la LED, qui éclaire mieux, consomme 10 fois moins. Les enseignes font partie du décor, imaginez une ville sans aucun luminaire ». Oui, mais on parle uniquement « d’éclairages superflus », rappelle Anne-Marie Ducroux, présidente de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN). « Tous les acteurs sont concernés, les élus, les entreprises qui laissent éclairés des parkings, des bureaux, les commerçants… On de plus en plus des châteaux, des monuments, des ponts éclairés toute la nuit. Tout ça contribue à ces nuisances lumineuses, ce sont des halos lumineux permanents qui empêchent l’observation du ciel la nuit ».
Mais aussi : gaz, TVA, allocations…
Les tarifs réglementés du gaz augmenteront de 0,5%. Ils concernent plus de 80% des 11 millions de foyers français abonnés au gaz. C'est la première hausse depuis le mois de janvier, et le gouvernement affirme avoir limité la hausse afin de préserver le pouvoir d’achat des français.
La TVA, elle, passe de 7% à 19,6% sur cinq prestations : les petits travaux de jardinage, l'assistance informatique à domicile, les cours à domicile, l'entretien et la surveillance temporaire de résidences.
Les chômeurs indemnisés verront leur allocation revalorisée de 7 ou 17 centimes par jour, une mesure qui concerne 1,5 million de personnes. Attention aussi quand vous garrez votre voiture, puisque la fourrière devient plus chère. L'accès à la CMU est par ailleurs élargi, et les entreprises qui abusent des CDD devront payer plus de charges. Les fumeurs, eux, ont encore deux semaines de répit : le paquet de cigarettes augmentera de 20 centimes à partir du 15 juillet.












