Calais: combien de migrants vivent dans la "jungle"?

Aux abords de l’Eurotunnel et à quelques kilomètres de la zone portuaire de Calais, le camp de réfugiés s’agrandit. Bon nombre souhaite franchir les derniers remparts de leur exil vers le Royaume-Uni. Mais ils en sont empêchés, contrôles aux frontières obligent. Alors ils patientent dans un vaste bidonville, baptisé "jungle". Mais combien sont-ils? Difficile de le savoir avec exactitude. Personne ne s’accorde sur les chiffres.
Une différence considérable
La préfecture table entre 800 et 1.000 migrants à évacuer dans la moitié sud du camp mais ne se risque pas à donner un chiffre plus global. Mais les associations, pourtant présentes au quotidien dans la "jungle", en dénombrent trois fois plus rien que sur cette zone.
"C’est un grand carré qui représente en surface un peu près la moitié de la "jungle" mais les deux tiers en population. On a recensé 3.400 personnes sur la zone sud et 1.900 sur la zone nord", indique Maya Konforti, bénévole et membre de l’association "L’Auberge des enfants".
Selon cette porte-parole, l’ensemble du camp serait donc peuplé d’environ 5.300 migrants.
Reloger oui, mais où?
A terme, l’objectif du gouvernement est de supprimer ces paysages aux allures de bidonville et de reloger les réfugiés dans des logements du dur, les premiers ayant ouverts en janvier. Mais pour les associations, reloger 3.400 migrants est impossible. Selon leurs estimations, ils ne resteraient plus que 300 places d’hébergement disponibles contre les 1.500 avancées par les autorités. Une guerre des chiffres qui justifie pour les humanitaires, un démantèlement moins précipité de la "jungle".
"Le bidonville n’est pas une solution pérenne. On souhaite qu’il disparaisse à condition qu’il y ait des solutions dignes et satisfaisantes pour chacun. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Le gouvernement souhaite opérer dans la précipitation", déplore Vincent Deconinck, président de l’association "Caritas".
Alors que le sud de la "jungle" devait initialement être évacué ce mardi, aucune décision ne sera finalement prise avant mercredi ou jeudi. Venue visiter le camp, la juge du tribunal administratif souhaite visiblement prendre le temps de la réflexion.












