CAF surchargées : «Les allocataires sont accueillis par des vigiles»

Certaines antennes de la CAF sont obligées de fermer de manière temporaire afin de traiter les dossiers en retard. - -
La situation ne s’améliore pas, elle empire même à en croire les salariés des Caisses d’Assurance Familiale (CAF) qui croulent sous le travail. Certaines antennes des Caisses d’Assurance Familiale sont désormais obligées de fermer de manière temporaire afin de traiter les dossiers en retard. « On ne peut plus faire face et répondre, alors on fait les urgences puisque quand même le RSA reste une urgence », explique John conseiller à la CAF du Puy-en-Velay en Haute-Loire. Une situation qui pénalise bien évidemment les allocataires qui par conséquent se mettent eux aussi en retard dans leurs démarches et ne perçoivent pas leurs allocations dans des délais raisonnables. « Que répondre à ces familles ? On n’y arrive plus et votre difficulté sociale et économique est de notre faute. C’est sûr qu’on rentre moins tranquille le soir à la maison et c’est terrible », explique quant à elle Christelle, qui travaille au standard d’une antenne de la CAF à Marseille dans les Bouches-du-Rhône.
Une rencontre avec la ministre de la Famille avant la fin du mois
Afin de tenter de remédier à ces problèmes sans cesse repoussés, la ministre déléguée à la Famille Dominique Bertinotti a promis de rencontrer le conseil d’administration de la Caisse National d’Assurance Familiale. Début mars, le président du conseil d'administration Jean-Louis Deroussen, sur RMC ce vendredi matin, lui a adressé une lettre dans laquelle, il mentionne « la charge de travail insupportable » des 33 000 salariés de la CAF en France. Une situation ingérable qui intervient alors que le gouvernement souhaite faire des économies dans la branche : 2,2 milliards d'euros sont à trouver.
« La CAF, amortisseur social dans la crise que connaît le pays »
« Notre demande vis à vis de la ministre c’est de maintenir au minimum les effectifs vu les dossiers qui s’accumulent, explique Jean-Louis Deroussen. Et dans un second temps favoriser la simplification de notre règlementation. La moyenne des dossiers en retard, c’est plus de 10 jours. A notre grand désespoir beaucoup de guichets ont dû fermer de façon épisodique. La CAF a vraiment été l’amortisseur social dans la crise que connaît le pays », explique Christelle.
« Des files d’attente monstrueuses, des salariés incapables de répondre »
« En ce moment ce sont des files d’attentes monstrueuses. Il y a aussi les fermetures tournantes de nos 14 sites d’accueil, explique quant à elle Christelle. Alors les allocataires ne comprennent plus. Ce sont du coup des files d’attentes sur les trottoirs ou les allocataires sont accueillis par des vigiles et des barrières en métal. C’est une tension palpable. Il y’a des gens qui attendent que l’endroit soit traité car ils en ont besoin pour vivre et des salariés qui sont dans l’incapacité de pouvoir leur répondre. Personne n’a compris l’importance à agir ».












