"Ça augmente la solidarité", "un passage vers l'âge adulte": d'anciens appelés racontent leur service militaire

Un rite initiatique par lequel sont passés de nombreux Français. Le service militaire, aboli en 1997, pourrait faire bientôt son retour sous une nouvelle forme. Ce jeudi 27 novembre, Emmanuel Macron doit dévoiler en Isère un service national volontaire, un dispositif censé répondre aux besoins des armées, au moment où l'exécutif et l'état-major mettent en garde contre la menace russe et les risques accrus de conflit.
Au micro de BFMTV, d'anciens appelés se remémorent leur passage dans les rangs de l'armée, alors qu'ils n'avaient qu'une vingtaine d'années.
Franck, 59 ans, se souvient de la première fois où il a tenu une arme à feu dans ses mains. C'était en 1989, avec le 92e régiment d'infanterie. "La cible était un Soviétique. Parce qu'en fait, les ennemis étaient à l'Est. La France se préparait à un conflit qui viendrait de l'Est", explique-t-il.
Mixité sociale
Son ami Frédéric, 57 ans, retient surtout de ses douze mois passés au 1er régiment de chasseurs la mixité sociale. "J'avais passé mon enfance, mes études à Paris, dans le 7e arrondissement, donc dans un milieu bourgeois. Et pour la première fois de ma vie, j'ai une représentation de la société que je ne connaissais pas avant, avec des pauvres, des riches, des gens qui n'ont pas fait d'études, d'autres qui ont fait des études", se souvient-il.
Pour Frédéric, "c'est des choses qui permettaient de faire nation, de vivre ensemble".
Ce sentiment de cohésion a aussi séduit François, appelé au service militaire en 1985. "De souffrir ensemble, d'avoir des contraintes assez fortes, ça augmente la solidarité", assure-t-il. À ses côtés, Philippe, appelé en 1979, dit voir dans son service militaire "un passage vers l'âge adulte".
Selon un sondage Elabe pour BFMTV, 73% des Français se disent aujourd'hui favorables à la création d'un service militaire volontaire comme proposé par Emmanuel Macron.













