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Au quai Branly, le regard de Lacroix sublime des robes d'Orient

Robes de fête palestiniennes. C'est un voyage à travers "l'Orient des femmes" que propose le musée du quai Branly, où sont exposés à partir de mardi 175 costumes et parures mis en scène par le couturier Christian Lacroix. /Photo prise le 7 février 2011/RE

Robes de fête palestiniennes. C'est un voyage à travers "l'Orient des femmes" que propose le musée du quai Branly, où sont exposés à partir de mardi 175 costumes et parures mis en scène par le couturier Christian Lacroix. /Photo prise le 7 février 2011/RE - -

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PARIS (Reuters) - C'est un voyage à travers "l'Orient des femmes" que propose le musée du quai Branly, où sont exposés à partir de mardi 175...

PARIS (Reuters) - C'est un voyage à travers "l'Orient des femmes" que propose le musée du quai Branly, où sont exposés à partir de mardi 175 costumes et parures mis en scène par le couturier Christian Lacroix.

Robes de fête ou de mariée, manteaux, coiffes, bijoux, voiles de visage des années 1880 à nos jours font honneur au savoir-faire ancestral des habitantes du Croissant fertile, région qui s'étend du nord de la Syrie au désert du Sinaï.

Organisée par couleur dans la pénombre de la mezzanine du musée, l'exposition de vêtements, suspendus pour la plupart pour les admirer en trois dimensions, s'ouvre sur une rarissime robe de fillette du XIIIe siècle retrouvée en 1991 dans le nord du Liban.

Comme à la fin d'un défilé de haute couture, elle s'achève sur des robes à fond blanc provenant de toutes les régions visitées "comme un bouquet de mariées imaginaires", dit Christian Lacroix.

Le couturier, qui a imaginé des robes stylisées en néon coloré pour jalonner le parcours du visiteur, a dit son attachement à un artisanat aussi humble qu'inspirant.

"Je suis très touché par l'artisanat, par tout ce qui est humble, tout ce qui vient des racines, de la terre, c'est ce que j'aime dans cette exposition, c'est cela le luxe", a-t-il déclaré à Reuters TV.

"Avec les mêmes matériaux de base, une même forme, chaque femme raconte une histoire personnelle, comme un petit roman", a ajouté le couturier, qui se consacre désormais aux collaborations artistiques et à la création de costumes de scène depuis la disparition de sa maison de couture en 2009.

Brodées avec minutie, très colorées, décorées de pampilles, les robes longues aux larges manches en coton et soie étaient naguère portées par les bédouines et les paysannes.

Une tradition mise à mal par la chute de l'empire ottoman en 1918 et désormais en voie d'extinction.

"A cause de la religion, de la mondialisation, cet artisanat fait de couleurs, de broderies, est en train de disparaître", regrette Christian Lacroix.

A travers cette exposition programmée jusqu'au 15 mai, la commissaire Hana Chidac voudrait "changer l'image de la femme orientale".

"J'aimerais que les gens leur portent dorénavant un autre regard parce que ces femmes ne se sont pas toujours habillées de noir comme on le voit aujourd'hui", souligne-t-elle.

Ouvert au public il y a quatre ans, le site du quai Branly est désormais l'un des quatre musées les plus visités de Paris, avec une moyenne de 1,35 million de visiteurs par an.

Elizabeth Pineau, avec Ludovic Vickers, édité par Yves Clarisse