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Assef, le migrant afghan de Calais: "la vie est trop dure ici"

BFM M. T. avec Igor Sahiri
Assef Hussein Khail, migrant afghan de 33 ans, ce mardi à Calais, dans le Pas-de-Calais.

Assef Hussein Khail, migrant afghan de 33 ans, ce mardi à Calais, dans le Pas-de-Calais. - -

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Lundi, à Calais, un jeune Afghan avait tenté de traverser la Manche à bord d'une embarcation de fortune au péril de sa vie. Assef exprime le désespoir qui l'a poussé à cette extrémité.

Depuis des semaines, chaque jour, Assef Hussein Khail, 33 ans, regarde dans la même direction: celle des côtes anglaises, sa terre promise. Ce migrant afghan, échoué à Calais, en est arrivé lundi à tenter de traverser la Manche à l'aide d'une embarcation de fortune.

L'homme s'était construit un petit radeau en assemblant quelques planches de bois, entre lesquelles il avait attaché un flotteur enveloppé dans une bâche. Un pied de table servait de support à un mât, d'où pendait un drap faisant office de voile.

Une folie. Lorsqu'il a été secouru, Assef commençait à se trouver en hypothermie. Mais il s'explique: "j'en ai marre, je suis épuisé, la vie est trop dure ici. Cela fait plus de 40 jours que je suis à Calais, mais ici il n'y a pas d'eau, pas de nourriture, pas d'espoir, pas d'opportunités..."

Déterminé malgré le risque

Pour les sauveteurs, il n'avait aucune chance de réussir son entreprise. Celle-ci était d'autant plus périlleuse que ce chenal est une véritable "autoroute à ferries" entre Calais et Douvres et les risques de collision nombreux.

Pourtant, Assef Khail veut "continuer de tenter [sa] chance, par n'importe quel moyen." "Je n'ai besoin que de 40 ou 50 euros pour un passeur. Là-bas la vie est meilleure, il y a plus d'opportunités", croit-il savoir. Même s'il n'a en sa possession ni passeport, ni visa.

Il est conscient qu'il joue sa vie. Mais s'il reste à Calais, entassé avec d'autres réfugiés dans un camp de fortune, ce sera pour lui la même chose. "Il y a quelques jours, ici, un homme est mort. Il faut que j'aille en Angleterre!" assène-t-il.

"La détresse est partout"

Pour les migrants, "la détresse est partout", témoigne Jean-Claude Lenoir, de l'association d'aide aux migrants Salam. "Quand ils sautent d'un camion, quand ils partent sur l'autoroute et qu'ils ont toutes les chances de se faire renverser..."

Assef, lui, avait déjà tenté de traverser de la Manche par deux fois à la nage. La seule chose qu'il refuse, c'est de s'accrocher sous un camion.