7 ans de prison ferme pour un jihadiste français rentré de Syrie

Le premier apprenti jihadiste français, rentré de Syrie à la fin 2012, est jugé ce jeudi. (Photo d'illustration) - Ho - Is Raqqa RAQQA - AFP
Le tribunal correctionnel a condamné jeudi à sept ans de prison ferme Flavien Moreau, un Français accusé d'avoir rejoint en Syrie un groupe de combattants avant de revenir en France. Les juges du tribunal correctionnel lui ont infligé la peine maximum qui avait été requise contre lui par le procureur, lors de son procès le 17 octobre.
Condamné à treize reprises
D'origine sud-coréenne, adopté par une famille française, Flavien Moreau, 28 ans, commence dès l'adolescence un parcours chaotique qui lui vaudra d'être condamné treize fois pour des délits de droit commun et de connaître la prison à son jeune âge. Il se convertit ensuite à l'islam, part étudier l'arabe en Egypte, se radicalise et finit par répondre à l'appel du jihad en Syrie.
Son séjour dans ce pays en guerre, Flavien Moreau ne l'a pas nié, le 17 octobre dernier, devant les juges de la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris: il l'avait raconté, sous le nom de guerre d'"Abdel Fattah", à un journaliste suisse rencontré côté turc de la frontière, qui l'avait ensuite rapporté dans un article du quotidien Le Temps, sous le titre: "Les premières armes d'un jihadiste".
Il n'aurait pris part à aucun combat
Devant le tribunal, Flavien Moreau a raconté comment il avait trouvé un passeur qui l'a conduit dans un village syrien contrôlé par des katibas islamistes, sortes de garnisons, où il achète une kalachnikov et des munitions.
Il affirme toutefois n'avoir pris part à aucun combat, avoir fait "seulement de la surveillance, un peu de police, surveillé la katiba, les frères, c'est tout".
Il a assuré n'être resté en Syrie "qu'une dizaine de jours. J'ai eu beaucoup de mal à ne pas fumer, parce que fumer c'était interdit dans la katiba. J'avais emporté des Nicorettes, mais ça n'a pas suffi. Alors j'ai laissé mon arme à mon émir et je suis parti".
Interpellé en janvier 2013
Son retour ne passe pas inaperçu: Flavien Moreau est placé sur écoute par les services antiterroristes. Les enquêteurs l'entendent ainsi dire qu'il cherche de faux papiers pour repartir en Syrie et décident, en janvier 2013, de l'interpeller.
Les écoutes téléphoniques permettent aux enquêteurs de faire la connaissance de Farid Djebbar, un Français de 26 ans avec lequel il s'entretient régulièrement, et qui a comparu à ses côtés.
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