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60% des vols Air France annulés mardi

BFM A. K. et C. P. avec AFP
Un panneau annonçant des vols annulés à Roissy.

Un panneau annonçant des vols annulés à Roissy. - Thomas Coex - AFP

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40% des avions d'Air France resteront au sol lundi en raison d'un appel à la grève "massive" des syndicats de pilote. De sérieuses difficultés sont à prévoir.

Une semaine de galère aérienne. Si vous aviez prévu de prendre l'avion avec Air France, attention. Au moins la moitié des avions de la compagnie française vont rester cloués au sol lundi, une proportion qui pourrait grimper à huit appareils sur dix selon un des syndicats de pilotes.

Opposé au projet de développement de la filiale à bas coût du groupe, Transavia, le SNPL (majoritaire) a appelé à une grève reconductible du 15 au 22 septembre; le Spaf, deuxième syndicat, et Alter (non représentatif) jusqu'au 18.

  • 40% des vols assurés mardi

Prévoyant de sérieuses difficultés, des retards et perturbations en sus des annulations, la compagnie aérienne a enjoint ses clients de "reporter leur voyage, changer leur billet sans frais" ou "se faire rembourser" et a recommandé à ceux "dont le vol serait annulé de ne pas se rendre en aéroport".

Pour ce premier jour de grève, elle estime qu'elle pourra assurer près de la moitié des vols (48%), après avoir recensé environ 60% de grévistes. 

Mardi, le taux de grévistes devrait être le même, mais Air France prévoit d'assurer seulement 40% de ses vols.

  • Possibilité de dédommagement

D'ultimes négociations dimanche avant le coup d'envoi du mouvement social, entre le SNPL AF Alpa et la direction, n'ont pas permis de débloquer la situation : "elles ont achoppé", a déclaré Jean-Louis Barber, président de ce syndicat. Elles devraient reprendre lundi vers 10 heures, avec les syndicats représentatifs.

Un mouvement d'une semaine serait le plus long conflit mené par des pilotes d'Air France (groupe Air France-KLM) depuis 1998. La direction évalue à "10 à 15 millions" d'euros par jour le coût de cette grève. Le PDG du groupe a laissé entendre lundi que ce mouvement pourrait compromettre le retour aux bénéfices de la compagnie française cette année: "Air France devrait être bénéficiaire cette année si la grève n'impacte pas ses efforts".

Pour ses clients, auxquels elle a envoyé 65.000 SMS, elle évoque des possibilités de "dédommagement" et indique "le programme de vol sera mis à jour 24h avant l'heure du départ". Et pour limiter les dégâts, elle va s'efforcer de faire voler des avions "de plus grosse capacité".

  • La bérézina" pour le reste de la semaine?

Le Spaf prédit un lundi noir avec "80 à 85% de vols annulés", sur la base d'informations provenant du centre de commandement opérationnel de la compagnie. "Les chiffres de la direction sont totalement faux, lundi, ça va être la bérézina", a estimé Julien Duboz, son porte-parole. "Quand la compagnie aura épuisé le réservoir de pilotes de l'encadrement", contraints au repos après avoir été appelés en renfort lundi explique-t-il, "on arrivera au blocage total".

Un pronostic partagé par Jean-Louis Barber: "si le taux de grévistes reste aussi élevé" (75% lundi selon lui), "on peut imaginer que ce sera pire encore mardi et, je pense, bloqué mercredi", a-t-il assuré. Son syndicat dénonce dans les projets de la direction une porte ouverte à "l'externalisation des emplois "de pilotes et au "dumping social", quand la compagnie y voit un levier de croissance déterminant.

  • Le projet Transavia en ligne de mire

"L'idée c'est de faire de Transavia un outil de reconquête du marché", face à "une concurrence terrible", a expliqué le PDG du groupe Air France-KLM Alexandre de Juniac dimanche soir, en pressant les pilotes de participer à "un projet magnifique", porteur selon lui d'un millier d'emplois en France, dont 250 de pilotes.

Alors qu'un plan de départs volontaires a été ouvert en août pour 200 des 3.760 pilotes d'Air France, face à la concurrence des compagnies à bas coûts, le groupe mise désormais sur Transavia, avec une augmentation de la flotte en France de 14 à 37 avions en cinq ans et, en Europe, de nouvelles bases dès 2015, mais avec des pilotes sous contrat local.

Alexandre de Juniac a rejeté mercredi dernier la principale revendication des syndicats d'un contrat unique pour les pilotes aux conditions actuelles d'Air France pour les avions de plus de 100-110 places, quelle que soit la compagnie du groupe Air France. Ce seuil excluerait de fait le personnel de HOP! la filiale régionale, issue de la fusion début 2013 de Brit Air, Regional et Airlinair, au grand dam de ses pilotes.