BFM

3 jihadistes présumés: l'erreur des autorités?

BFM M. K. avec AFP
Des policiers au pied de l'immeuble de Souad Merah, à Toulouse.

Des policiers au pied de l'immeuble de Souad Merah, à Toulouse. - Pascal Pavani - AFP

Téléchargez la nouvelle app BFM
Trois jihadistes présumés, dont le mari de Souad Merah, sont rentrés en France mardi. Annoncés dans un premier temps comme étant arrêtés à Orly, puis comme étant toujours retenus en Turquie, ils ont finalement pris un vol  à destination de Marseille sans être inquiétés.

La confusion la plus totale a régné mardi sur le sort de trois jihadistes français présumés arrêtés en Turquie, dont le mari de Souad Merah, la soeur de Mohamed Merah, et renvoyés en France sans être interpellés par les autorités. Retour sur ce cafouillage.

Acte 1: ils auraient été interpellés à Orly

Le ministère de l'Intérieur a indiqué en début d'après-midi que les trois hommes, arrêtés fin août en Turquie, avaient été interpellés à leur arrivée à l'aéroport d'Orly et placés en garde à vue.

Acte 2: ils seraient encore en Turquie

Une source policière a ensuite assuré que les jihadistes présumés n'étaient pas arrivés comme prévu sur le sol français. Une source aéroportuaire expliquait alors que l'avion dans lequel ils étaient censés se trouver avait été "intercepté sur le tarmac" à son arrivée à Orly mais que les trois hommes n'étaient pas à bord. Le commandant aurait refusé de les embarquer en raison de l'absence des documents administratifs turcs nécessaires.

Acte 3: ils sont rentrés en France, libres

Peu après, deuxième coup de théâtre: deux des avocats toulousains des présumés jihadistes ont assuré que les trois hommes étaient bien arrivés en France, après avoir pris un autre avion.

Selon leurs dires, ils ont été eux-mêmes surpris de ne pas avoir été interpellés à leur arrivée, dans un aéroport de province non précisé par les avocats. "Le ministère de l'Intérieur a, à mon avis, dégainé un peu trop vite (...). Ils n'ont pas du tout été arrêtés. Ils sont dans la nature, prêts à s'expliquer, à être interrogés", a déclaré l'un des avocats, Me Apollinaire Legros-Gimbert.

Me Pierre Dunac a confirmé cette version: "Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'est la réalité." "Ils ont voyagé avec leur passeport. Ils n'ont pas été inquiétés à leur arrivée", a-t-il assuré. "Leur position aujourd'hui, c'est de dire: on n'est pas en fuite", selon les avocats. On ignorait mardi soir si les trois hommes se livreraient aux enquêteurs.

Epilogue: l'Intérieur met en cause les autorités turques

Le ministère de l'Intérieur a décidé de répondre à la polémique naissante par le biais d'un communiqué publié mardi soir. Les services de Bernard Cazeneuve confirment que le pilote de l'avion dans lequel les trois hommes devaient initialement embarquer a refusé de les laisser monter à bord. Les jihadistes présumés ont alors pris un vol en direction de Marseille. "Les services français ont été informés par leurs homologues turcs (...) après l'arrivée des trois ressortissants expulsés", se justifie le ministère.

Parmi les trois hommes se trouve le mari de Souad Merah, la soeur de Mohamed Merah, un homme de 29 ans connu des services de renseignement pour avoir "gravité dans la mouvance salafiste", selon une source proche du dossier. Un autre, âgé de 27 ans, avait déjà été arrêté en 2007 puis condamné l'année suivante dans une affaire à caractère terroriste pour avoir appartenu à une filière jihadiste en Irak, selon les services de renseignement.

Le troisième a été un temps domicilié à Albi où une autre filière jihadiste, dans laquelle gravitaient également d'anciens proches du "tueur de Toulouse", a été démantelée cet été. Ce suspect de 27 ans était "très lié" à Mohamed Merah et a grandi dans le même quartier que lui à Toulouse, celui dit des Izards, selon la même source.