100 euros pour faire sauter un PV

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Des soupçons de corruption à la Préfecture de police de Paris. 10 personnes sont en garde-à-vue depuis mercredi matin dans les locaux de l'Inspection générale des services (IGS), la police des polices. Parmi elles, 7 policiers soupçonnés d'avoir fait sauter des PV contre de l'argent.
Comment se passait le trafic ?
D'un côté, des rabatteurs, chargés de dénicher les clients verbalisés. De l'autre, des policiers en poste au Service de traitement du contentieux et des contraventions (STCC) de la Préfecture de police. Il y avait même un barème : 100 euros pour annuler une contravention ; 100 euros supplémentaires pour récupérer 1 point sur son permis de conduire. Ils acceptaient aussi les cadeaux : du vin, du matériel hifi, des repas au restaurant...
Un automobiliste dénonce la combine
Le système fonctionnait parfaitement jusqu'en 2005, lorsqu'un particulier a décidé de dénoncer la combine. Cet automobiliste a été approché par les ripoux mais, au lieu d'accepter, il a porté plainte. Les présumés « ripoux » sont alors mis sur écoute. Et l'enquête finit par aboutir à l'interpellation de 7 policiers et de 3 gérants de société. Ils risquent 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende.
A côté de ce trafic organisé et rémunéré, il reste toujours la bonne vieille méthode du « je connais quelqu'un qui peut faire sauter les PV »...
« Le bon piston marche encore »
Selon Pascal Pennec, rédacteur en chef adjoint du magazine Auto-Plus, pour faire sauter ses PV, « il faut connaître la bonne âme qui est au bon endroit. Pour tout ce qui est PV manuels [pour stationnement par exemple, en opposition aux PV automatisés comme les cabines radars], ça reste encore... je ne vais pas dire simple, mais quand on connaît la personne, c'est possible. Ce sont des personnes qui sont affectées au tri des PV.
Par contre, dès qu'on rentre dans le domaine de l'infraction, ça devient plus compliqué, parce qu'il faut motiver une demande. Et depuis 2003 [Nicolas Sarkozy, à l'époque ministre de l'Intérieur, lance une politique plus répressive pour renforcer la sécurité routière et mettre fin à ces dérives], les personnes traînent vraiment des pieds. Mais le bon piston marche encore, bien que l'essentiel ait disparu depuis quelques années. »












