BFM

Une ancienne civilisation perdue découverte au plus profond de l'Amazonie

BFM Mathieu Ait Lachkar
Vue aérienne de la forêt amazonienne le 13 octobre 2014 au Brésil. PHOTO D'ILLUSTRATION

Vue aérienne de la forêt amazonienne le 13 octobre 2014 au Brésil. PHOTO D'ILLUSTRATION - RAPHAEL ALVES © 2019 AFP

Après avoir abrité de nombreuses civilisations sur plusieurs siècles, la très dense forêt amazonienne révèle l'existence d'une vingtaine de sites dans une zone de 4500 km² dans l'actuelle Bolivie.

La très dense forêt amazonienne n'en finit pas de révéler ses secrets. De tout temps réputée hostile et inhabitable, celle-ci a pourtant abrité des civilisations que l'on découvre encore aujourd'hui. Ainsi, grâce à des images aériennes, une vingtaine de sites dans une zone de 4500 km² ont été découvert dans l'actuelle Bolivie, enfouis sous la végétation. C'est en tout cas ce que révèle une nouvelle étude publiée dans la revue Nature.

Au nombre de 26, dont environ la moitié étaient auparavant inconnus des archéologues, ces sites sont une preuve de la vie organisée des grandes colonies et autres sociétés anciennes avant l'invasion espagnole.

"Nos résultats mettent fin aux arguments selon lesquels l'Amazonie occidentale était peu peuplée à l'époque préhispanique" et enrichissent les preuves existantes que la culture Casarabe avait un "système de peuplement hautement intégré, continu et dense", écrit dans la revue l'archéologue Heiko Prümers de l'Institut archéologique allemand.

Une découverte inédite de par son ampleur

Dans l'étude, il est surtout question de la civilisation Casarabe qui a peuplé la forêt amazonienne pendant des milliers d'années, et dont l'ampleur restait pourtant totalement inconnue jusqu'alors.

Dans Nature, Heiko Prümers et ses collègues décrivent deux grandes colonies, Cotoca et Landivar, qui étaient les plaques tournantes d'un réseau régional de sites plus petit reliés par des chaussées encore visibles qui se déploient dans le paysage sur plusieurs kilomètres.

"Ces deux grands sites de peuplement étaient déjà connus, mais leur taille massive et leur élaboration architecturale ne sont devenues apparentes que grâce à l'enquête LIDAR (une technique de mesure de distance qui utilise les propriétés de la lumière)", écrit l'équipe de chercheurs.

Cette découverte met en évidence le déplacements de plusieurs milliers de mètres cube de terre pour construire Cotoca, soit bien plus que ce que la civilisation pré-inca Tiwanaku, souvent prise pour référence.

On apprend également dans l'étude que le peuple Casarabe a construit des remparts pour se défendre, ainsi que des systèmes massifs de contrôle de l'eau conçus pour l'agriculture.

Voilà qui, pour les archéologues, en dit long sur l'étendue de la population Casarabe et sa culture. Toutes ces données, encore à l'étude, devraient notamment permettre de contribuer à "redéfinir les catégories utilisées pour les sociétés amazoniennes passées et présentes", indique Nature dans sa conclusion.