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Les "IED", en Afghanistan des armes simples et efficaces

Soldats américains inspectant les fossés à la recherche d'"IED", sur une route de Kandahar. Ces bombes artisanales, rudimentaires et bon marché, que les militaires nomment engins explosifs improvisés, se multiplient depuis 2007 en Afghanistan. /Photo pris

Soldats américains inspectant les fossés à la recherche d'"IED", sur une route de Kandahar. Ces bombes artisanales, rudimentaires et bon marché, que les militaires nomment engins explosifs improvisés, se multiplient depuis 2007 en Afghanistan. /Photo pris - -

par Deepa Babington KANDAHAR, Afghanistan - Emblématiques de la guerre d'Irak, les bombes artisanales, rudimentaires et bon marché, sont également...

par Deepa Babington

KANDAHAR, Afghanistan (Reuters) - Emblématiques de la guerre d'Irak, les bombes artisanales, rudimentaires et bon marché, sont également devenues des armes de choix en Afghanistan, où leur efficacité inquiète.

Les attentats commis à l'aide de ces bombes que les militaires nomment Improvised explosive device (IED, engin explosif improvisé) se multiplient depuis 2007.

Ils risquent de devenir encore plus fréquents une fois lancée l'offensive qui se prépare à Kandahar, berceau des taliban dans le sud du pays, avertit le commandant d'une des deux unités chargées de la recherche de ces engins dans la région.

Première cause de décès dans les rangs de la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) sous commandement de l'Otan, les IED contraignent en outre les militaires étrangers à rester sur leurs gardes, à l'abri de leurs blindés, ce qui ne facilite pas le contact avec la population, un lien jugé essentiel par leur état-major.

A la différence des engins relativement complexes mis au point par les artificiers irakiens, les bombes de la guérilla afghane ne sont souvent que de simples jerricans d'essence ou des Cocotte-Minute bourrées d'engrais.

"ÇA ÉVOLUE CONSTAMMENT"

Plus artisanales encore, elles sont parfois faites de quelques planches et de piles électriques. Le tout est le plus souvent déposé dans un fossé et mis à feu au passage des convois militaires.

"J'ai été surpris par l'aspect rudimentaire mais très efficace des engins d'ici. Dans le registre 'fait avec les moyens du bord', c'est du très bon travail", juge le lieutenant-colonel Peter Andrysiak, chef de l'unité Lumberjack dont les véhicules à l'épais blindage arpentent les routes du sud-afghan à faible allure à la recherche des ces IED.

Leur nombre continue à croître en dépit du déploiement progressif des 30.000 hommes envoyés en renfort par Barack Obama.

En février dernier, 290 ont été mis à feu dans les provinces du Helmand et de Kandahar, soit trois fois plus qu'en février 2009. Le nombre d'IED découverts est passé dans le même temps de 157 à 567, mais le plus gros pourrait encore être à venir avec le lancement de la traditionnelle offensive de printemps.

Les imposants blindés de l'unité d'Andrysiak, équipés de détecteurs de mines, de caméras et autres matériels dernier cri, sont souvent pris au dépourvu par la simplicité des bombes qu'ils sont chargés de détecter.

"S'il s'agit d'un engin fait de bois et de piles, qu'est-ce qu'un capteur peut signaler, un morceau de bois trainant sur la route?", ironise l'officier, selon lequel la milice islamiste s'est jusqu'ici adaptée à toutes les stratégies mises en oeuvre face aux IED. "Ça évolue constamment", résume-t-il.

Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser