Le plus grand accélérateur de particules redémarre après deux ans à l'arrêt

A l'intérieur du LHC, le 10 février 2015 - Richard Julliart - AFP
Le plus grand et le puissant accélérateur de particules du monde a redémarré dimanche après deux ans à l'arrêt, ouvrant la voie à l'exploration de nouveaux territoires de la physique, tels que la matière noire ou l'antimatière. Ce redémarrage du grand collisionneur de hadrons (LHC), situé à la frontière franco-suisse, qui comprend un tunnel en forme d'anneau de 27 kilomètres, suscite un vif intérêt dans la communauté scientifique.
Enfoui à 100 mètres sous terre, cet accélérateur de particules avait permis dans sa première phase d'exploitation de confirmer l'existence du boson de Higgs, pour lequel deux scientifiques du CERN s'étaient vu attribuer le prix Nobel de physique en 2012.
"Aujourd'hui, le coeur du CERN bat une fois de plus au rythme du LHC", s'est félicité Rolf Heuer, son directeur général, cité dans le communiqué.
Au cours des prochains jours, les opérateurs vont vérifier tous les systèmes avant d'augmenter l'énergie des faisceaux, alors que le LHC entre dans sa deuxième campagne d'exploitation.
La communauté scientifique est enthousiaste
Durant les deux années d'arrêt technique, des centaines d'ingénieurs et de techniciens se sont affairés pour réparer et consolider l'accélérateur de particules afin que celui-ci puisse fonctionner avec une énergie plus élevée, et permettre aux physiciens d'élargir leur champ de recherches et de valider ou d'infirmer certaines théories.
"Le LHC est en grande forme", a commenté de son côté Frédérick Bordry, le directeur des accélérateurs et de la technologie. "Mais l'étape la plus importante est devant nous, lorsque nous porterons l'énergie des faisceaux à des niveaux record", a-t-il ajouté. Entre 800 et 1.000 personnes ont travaillé sur ce chantier titanesque, notamment pour consolider quelques 10.000 interconnexions électriques entre les aimants et ajouter des systèmes de protection
Ce redémarrage suscite un vif enthousiasme dans la communauté scientifique. Le LHC avait permis dans sa première phase d'exploitation de confirmer l'existence du boson de Higgs. Considéré par les physiciens comme la clef de voûte de la structure fondamentale de la matière, le boson de Higgs est la particule élémentaire qui donne leur masse à nombre d'autres, selon la théorie dite du "Modèle standard".
Au programme de la deuxième campagne figurent le mécanisme de Brout-Englert-Higgs, la matière noire, l'antimatière et le plasma quarks-gluons. La matière noire, invisible, compose la majeure partie de l'Univers, mais ne peut être détectée qu'à partir de ses effets gravitationnels, explique le CERN sur son site.











