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L'urbanisation du littoral en question après la tempête Xynthia

Zone inondée à La-Faute-sur-Mer, en Vendée. La question de l'urbanisation des zones littorales taraude habitants et élus locaux de L'Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-Mer (Vendée), les deux communes les plus sinistrées de France, où vingt-six personnes on

Zone inondée à La-Faute-sur-Mer, en Vendée. La question de l'urbanisation des zones littorales taraude habitants et élus locaux de L'Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-Mer (Vendée), les deux communes les plus sinistrées de France, où vingt-six personnes on - -

par Guillaume Frouin L'AIGUILLON-SUR-MER, Vendée, 1er mars, Reuters - La question de l'urbanisation des zones littorales taraude habitants et élus...

par Guillaume Frouin

L'AIGUILLON-SUR-MER, Vendée, 1er mars, Reuters - La question de l'urbanisation des zones littorales taraude habitants et élus locaux de L'Aiguillon-sur-Mer et La Faute-sur-Mer (Vendée), les deux communes les plus sinistrées de France, où vingt-six personnes ont trouvé la mort dans la tempête Xynthia.

Plus de la moitié des victimes de la tempête qui a balayé la France le week-end dernier ont été retrouvées dans ces deux localités situées au bord de l'Atlantique, où la rupture des digues a permis à l'océan de s'engouffrer dans leurs maisons.

"Quand nous avons fait construire il y a trois ans, notre terrain n'était pas en zone inondable", témoigne Daniel Bordelet, un sinistré de 61 ans dont le petit "pavillon Phoenix" de la Pointe de l'Aiguillon est jonché de boue.

"Il a été classé en zone semi-inondable, quelques mois après la construction. Aujourd'hui, je pense qu'il aurait carrément dû être mis en zone rouge", ajoute-t-il.

Il ne cherche cependant pas des responsables à son malheur.

"Pour autant, je n'en veux à personne. J'en veux surtout à moi d'être venu m'installer là", soupire cet ancien métallo, qui était venu du Loiret faire construire cette résidence principale pour profiter de sa retraite avec son épouse.

Daniel Bordelet hésite même aujourd'hui à remettre sur pied les meubles tombés à la renverse et à réparer les portes défoncées par la force de la grande marée.

"Je ne compte plus revenir ici. Si les experts des assurances estiment que cela ne vaut pas le coup de nettoyer, on partira en laissant tout en l'état."

Il lui faudra pour cela acheter une nouvelle voiture, la sienne se trouvant au creux d'une crevasse devant la maison.

Un peu plus loin, sur la route qui mène à son hameau des "Caves", des voiliers et des cabanes de pêcheurs ont été posés sur le bas-côté par la tempête, à 400 mètres de l'endroit initial où ils se trouvaient en mer.

LES MAIRES SE DÉFENDENT

Hugues Des Touches, responsable de la Ligue de protection des oiseaux, a estimé sur France Info que le bilan humain de la catastrophe était bien dû à ce type d'urbanisation.

"Aujourd'hui, on arrive à plusieurs dizaines de morts parce qu'on on a laissé construire dans des zones où il n'aurait jamais fallu construire", a- t-il dit.

"Chaque fois qu'on voyait ces lotissements, on s'est opposé à leur construction mais la composition de la commission préfectorale était telle qu'on était minoritaire et ces projets ont été réalisés et voilà ce qui arrive", a-t-il ajouté.

De leur côté, les maires des deux communes concèdent qu'une "évolution" des règles d'urbanisme est incontournable, mais rejettent les critiques qui leur sont faites sur la délivrance des permis de construire.

"Il faudra certainement envisager à l'avenir des zones de repli ou de surélever les terrains pour les futures constructions", dit René Marratier, maire de La Faute-sur-Mer.

"Mais tout ce qui a été construit jusque-là l'a été en zone constructible, avec l'accord des services de l'Etat. Dans l'affaire, les élus locaux servent de boucs émissaires."

Maurice Milcent, maire de L'Aiguillon-sur-Mer, estime que "ce mur d'eau qui s'est présenté à nous n'était ni prévisible, ni explicable".

"C'est la jonction extraordinaire de trois phénomènes naturels qui est la cause de notre malheur : une grande marée, des vents violents et une forte dépression qui a fait monter d'un mètre le niveau de la mer. De plus, si cela s'était passé de jour, le bilan humain aurait été bien moins lourd", dit-il.

La polémique sur l'entretien des digues, qui ont cédé en plusieurs endroits, n'a pour les mêmes raisons "rien à voir avec ce qui s'est passé", estime Maurice Milcent.

"Au vu de la surcote de la mer, avec ou sans digue, nous aurions été inondés", considère le maire de L'Aiguillon-sur-Mer.

Edité par Yves Clarisse