L'Aiguillon-sur-Mer sous le choc après le passage de la tempête

Les habitants de l'Aiguillon-sur-Mer, une petite commune de la côte vendéenne, ont mis une journée à réaliser l'ampleur des dégâts après le passage de la tempête Xynthia sur la France. /Photo prise le 28 février 2010/REUTERS/Stéphane Mahé - -
par Stéphane Mahé
L'AIGUILLON-SUR-MER, Vendée (Reuters) - "L'Aiguillon est devenu un étang!" Les habitants de l'Aiguillon-sur-Mer, une petite commune de la côte vendéenne, ont mis une journée à réaliser l'ampleur des dégâts après le passage de la tempête Xynthia sur la France.
Balayée par des vents violents, la station balnéaire a été submergée par les eaux dans la nuit de samedi à dimanche, après la rupture de la digue sous la pression d'une forte marée.
De nombreuses personnes âgées ont été surprises dans leur sommeil et le bilan est lourd, à L'Aiguillon et dans la commune voisine de La Faute-sur-Mer.
"Malheureusement, nous avons 25 personnes décédées", a déclaré le maire de l'Aiguillon sur TF1 en estimant que ce bilan était définitif. "Toutes les maisons ont été vues."
L'Aiguillon-sur-Mer a été construite sur des terres gagnées sur la mer, grâce à des polders et une digue de cinq kilomètres construite à l'époque de Napoléon.
Moins de 2.500 personnes y vivent l'hiver mais dix fois plus en été, dans des maisons qui n'ont souvent pas d'étage.
Dans ce secteur, "la montée des eaux, de 50 cm à 1,50 m, a été très rapide", rapporte le directeur de cabinet du préfet de Vendée, Frédéric Rose.
Dimanche, les secours ont avancé maison par maison.
Dans certains quartiers, l'eau montait dimanche matin au-dessus de l'entrée des maisons et, un peu plus tard dans la journée, les pompiers circulaient toujours à bord de petits bateaux à moteur pour porter secours aux sinistrés.
"LA TEMPÊTE DE 1999, C'ÉTAIT RIEN DU TOUT"
Des habitants croisés par les journalistes à leur arrivée sur place étaient à moitié nus dans la rue et disaient avoir tout perdu.
"Je suis sortie de ma maison à la nage, de la fenêtre de ma salle de bains", raconte une quinquagénaire qui a passé ensuite la nuit sur une pile de parpaings "à plat ventre" pour ne pas donner prise au vent.
Avec son mari et ses voisins, réfugiés sur les toits, "on s'est tenu en priant le bon dieu pour que ça s'arrête", ajoute-t-elle, soulagée d'apprendre que sa mère, qui habite dans un lotissement voisin, est saine et sauve.
Les dégâts sont pour l'instant difficiles à chiffrer dans le petit port situé à l'extrême sud de la Vendée, d'où l'on peut voir le pont de l'Ile de Ré.
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui parle de 45 à 50 morts au niveau national, a annoncé le déblocage d'un million d'euros d'aide d'urgence mis à disposition des préfets.
Depuis le milieu de l'après-midi, la préfecture de Vendée s'attache à consolider la digue de pierre de L'Aiguillon.
"On va réaliser des enrochements mais il faut être prudent", souligne un porte-parole. "Il y a encore de forts coefficients de marée prévus pour cette nuit et il ne faut pas que des éléments non consolidés puissent être emportés".
Pour Pauline, "la tempête de 1999 à côté, c'est rien du tout".
En pleine nuit, elle s'est réfugiée au premier étage de sa maison, avec son compagnon et sa petite fille de cinq mois.
"Dehors, tout est arraché. La digue a cassé, et L'Aiguillon est devenu un étang... Il y a même un bateau qui est passé par-dessus la digue, et qui a atterri sur la route, juste devant chez nous", raconte la jeune femme.
Avec Guillaume Frouin et Laure Bretton, édité par Yves Clarisse











