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Hommage aux 29 victimes vendéennes de la tempête

Le Premier ministre Francois Fillon et Philippe De Villiers (à gauche), président du Conseil général de Vendée, assistent à la messe célébrée en la cathédrale de Luçon à la mémoire des 29 victimes de la tempête en Vendée. Une messe pour l'ensemble des 53

Le Premier ministre Francois Fillon et Philippe De Villiers (à gauche), président du Conseil général de Vendée, assistent à la messe célébrée en la cathédrale de Luçon à la mémoire des 29 victimes de la tempête en Vendée. Une messe pour l'ensemble des 53 - -

NANTES - Quatre jours après le passage dévastateur de Xynthia sur l'ouest de la France, un hommage religieux en mémoire des 29 victimes de la...

NANTES (Reuters) - Quatre jours après le passage dévastateur de Xynthia sur l'ouest de la France, un hommage religieux en mémoire des 29 victimes de la tempête en Vendée a été rendu en la cathédrale de Luçon, en présence du Premier ministre François Fillon.

Une messe pour l'ensemble des 53 victimes se déroulera dimanche à 18h30 à la cathédrale Notre-Dame de Paris.

A l'initiative de leur évêque Alain Castet, les églises vendéennes ont sonné jeudi simultanément le glas pour "signifier notre proximité de coeur par la prière et le recueillement aux familles des victimes", selon un porte-parole du diocèse de Luçon.

"Les éléments se sont conjugués, révélant la fragilité des hommes, de leur vie et de leurs entreprises", a dit l'évêque de Luçon au cours de cette messe télévisée, qui a duré près de deux heures.

La cérémonie d'hommage a également été la messe d'obsèques de deux femmes et un homme morts noyés dans les inondations à La Faute-sur-Mer, l'une des communes les plus touchées du littoral Atlantique.

Le montant de la quête a été reversé au Secours catholique pour aider les rescapés de la catastrophe, qui a fait au total 53 morts, sept blessés graves et 72 blessés légers.

Le commissaire européen à la Politique régionale, Johannes Hahn, s'est, lui, rendu jeudi à La Rochelle (Charente-Maritime) et en Vendée pour témoigner de la solidarité et de la compassion de l'Europe.

Face à la polémique qui monte sur d'éventuelles entorses à la réglementation immobilière, le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a insisté sur le recueillement dû aux victimes.

"Et puis il y aura un deuxième temps, le temps des leçons à tirer", a-t-il dit sur Europe 1.

Il s'est gardé de mettre en cause les maires accusés d'avoir délivré des permis de construire dans des zones inondables.

DES MAIRES EN APPELLENT À L'ÉTAT

Les dégâts les plus importants causés par Xynthia l'ont été là où des digues ont lâché sous la pression des vents violents combinés à une forte marée et une puissante dépression.

Le maire de La Faute-sur-Mer est accusé d'avoir ignoré les mises en garde de la Direction départementale de l'équipement (DDE) qui évoquait en 2008 "un réseau de digues vieillissant".

Prié de dire si des maires pourraient être poursuivis en justice, Brice Hortefeux a répondu: "Ce sont des décisions extrêmement graves, il faut qu'il y ait des analyses précises".

Le ministre a néanmoins ordonné mercredi aux préfets de "ne pas hésiter à déférer les permis de construire délivrés par les autorités locales lorsque ceux-ci peuvent paraître dangereux".

Certains édiles réclament que l'Etat s'investisse davantage dans la protection des habitations du littoral.

"Sur un cas comme ça, il faut recentraliser au moins le processus de décision et de vérification", a dit sur Canal+ le maire socialiste de La Rochelle, Maxime Bono, mettant en cause la qualité des digues en France.

Le gouvernement s'est engagé mercredi à présenter un plan de renforcement des digues dans les deux mois.

Pour Maxime Bono, la tempête a prouvé que les normes imposées par l'Etat pour délivrer des permis de construire n'étaient plus viables.

"Depuis bien longtemps, la cote de 3,80 mètres (au-dessus du niveau général des flots) était considérée comme une cote où on était en toute sécurité. Cette cote n'est plus d'actualité. Mais que faut-il faire pour tout ce qu'on a construit ?"

En avril 2009, Nicolas Sarkozy, présentant le projet du Grand Paris, avait souhaité que l'on rende "constructibles les zones inondables mais par des bâtiments adaptés à l'environnement et aux risques".

"Il faut sortir du respect passif d'une règlementation de plus en plus pesante", avait dit le chef de l'Etat.

Guillaume Frouin, avec Clément Guillou à Paris, édité par Sophie Louet