BFM

Une femme sur trois meurt d'une maladie cardio-vasculaire

BFM D. N. avec A. Heulard, S. Beaugeard et E.Giroud
placeholder video
De plus en plus de femmes jeunes sont touchées par les maladies cardio-vasculaires, en particulier les infarctus, phénomène qui s'explique par des comportements à risque comme la consommation de tabac ou d'alcool autrefois essentiellement observés chez les hommes.

En Europe, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité chez les femmes, devant le cancer. Elles représentent 42% des décès chez les femmes contre 27% pour les cancers, note la Fédération française de cardiologie. L'infarctus du myocarde arrive en tête, avec 18% des décès féminins, suivi par l'accident vasculaire cérébral (AVC, 14%), puis les autres pathologies vasculaires. Le paradoxe est que les femmes, surtout les jeunes, ne perçoivent pas la réalité de cette menace sur leur santé. 

Cette sous-estimation du danger est l'objet d'une campagne télévisée. Dans un spot réalisé par Maïwenn, un couple se démène sur la piste. Contre toute attente, ce n'est pas l'homme âgé, bedonnant et qui danse avec la jeune femme, qui s'écroule de manière inopinée.

80% des victimes sont des fumeuses

L'étiologie pointe un suspect usuel: le tabac. Un quart des femmes fume quotidiennement et, malgré les campagnes de prévention et la hausse du prix du tabac, cette proportion ne baisse pas.

"Chez les femmes qui font un infarctus à un âge très jeune, moins de 50 ans, il y a 80% de fumeuses", relève Daniel Thomas, cardiologue, de la Fédération française de cardiologie. "C'est un vrai facteur d'infarctus du myocarde chez des femmes jeunes qui n'auraient pas fait d'infarctus, si elles n'avaient pas été fumeuses", continue-t-il.

La pilule, facteur de risque supplémentaire

Seules 18% des femmes restent en vie après un infarctus, contre 56% des hommes, selon une étude présentée mardi. Le cardiologue Alain Ducardonnet, consultant santé de RMC et BFMTV, explique cette inégalité par le facteur aggravant de la prise de la pilule. 

"Aujourd’hui, les femmes ont à peu près les mêmes risques cardiovasculaires à partir de 30 ans, note-t-il. Les hommes fument moins, alors qu'au contraire, les jeunes femmes augmentent à partir de l'âge de 25 ans, leur consommation de tabac. N’oublions pas cette association qui est une bombe explosive: le tabac et la pilule. Là, vous multipliez par dix le risque vasculaire."

Au chapitre prévention, le médecin pointe des manquements dus à cette croyance "que les femmes étaient protégées par leurs hormones et qu'on se disait que ce n'était pas la peine de les dépister". Mais les moyens de se prémunir restent les mêmes pour les femmes et pour les hommes: "régime alimentaire contrôlé et pratique d'une activité physique régulière".

Selon la Fédération française de cardiologie, plus de 4.700 cas de maladies cardio-vasculaires féminines sont recensés chaque année, soit 13 par jour en moyenne.