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Une enquête sur de la viande supposée avariée vendue à Flunch

BFM David Namias (article) et Sophie Hébrard (sujet vidéo)
A Châteaubriant, dans l'ouest de la France, où se situe le siège de Castel Viandes le fournisseur des restaurants Flunch mis en cause dans cette affaire de présumée "remballe" de viande avariée.

A Châteaubriant, dans l'ouest de la France, où se situe le siège de Castel Viandes le fournisseur des restaurants Flunch mis en cause dans cette affaire de présumée "remballe" de viande avariée. - -

La "remballe" est une pratique frauduleuse consistant à ré-étiqueter des produits périmés pour les réintroduire dans le circuit commercial. La justice enquête depuis le 12 février sur une fraude qui aurait touché les restaurants Flunch dans la région nantaise.

Après le scandale de la viande de cheval repérée dans des plats préparés à travers toute l'Europe, la justice s'intéresse à une autre affaire. Elle concerne cette fois-ci les restaurants Flunch et leur fournisseur Castel Viandes. Ce dernier fait l'objet d'une enquête préliminaire ouverte par le procureur de Nantes depuis le 12 février pour "tromperie sur la qualité et falsification de documents", rapporte vendredi Le Parisien.

Concrètement, l'entreprise familiale créée en 1963 est soupçonnée de pratiquer de la "remballe", une pratique qui consiste à ré-étiqueter de la viande avariée afin de la revendre.

L'ancien directeur de Castel Viandes accuse

L'affaire a éclaté après que l'ancien directeur de la qualité de Castel Viandes, licencié en 2008, a découvert que des lots de viande qu'il avait précédemment refusés allaient tout de même être mis à la vente. L'opération, découvrait-il alors, était menée le samedi, par une équipe d'employés affectés à cette tâche.

Les lots de viande incriminés, apprend-on encore, avaient initialement été envoyés à Auchan qui les avaient refusés. Les restaurants Flunch ont ensuite, à leur tour, décidé de retirer cette viande après l'intoxication de plusieurs de leurs clients. Pierre H., relate toujours Le Parisien, assure qu'il avait ordonné "que cette viande soit détruite". Avant de découvrir "que dans son dos, on avait tenté de la commercialiser".

L'ancien directeur qualité, rapidement licencié après ces faits, explique qu'il a tardé à porter plainte "par peur des représailles". Il saisit les services vétérinaires fin 2012.

Castel Viandes nie en bloc

"C'est une dénonciation calomnieuse", rétorque la directrice du groupe, Véronique Viol-Lésvesques. Jointe par BFMTV ce vendredi matin, elle se défend : "Nous n'avons jamais fourni de viande avariée à Flunch, la preuve c'est que nous travaillons toujours avec Flunch depuis des années. Si on l'avait fait, il y a longtemps que Flunch nous aurait laissé tomber."

La société Castel Viande indique d'ailleurs qu'elle va porter plainte contre l'ancien employé, jugeant que l'inimitié de Pierre H. envers son ancien employeur constitue le vrai et unique motif ces accusations. "C'est un règlement de comptes, car ce monsieur a été licencié en 2008", assure encore la patronne de Castel Viandes, ce matin.

La justice elle, entend vérifier la véracité de ces soupçons de fraude. Le 12 février dernier, une perquisition a été menée chez Castel Viandes, au cours de laquelle 67 gendarmes et une brigade nationale de vétérinaires avaient été mobilisés. Les enquêteurs ont saisi une quantité importante de documents. Ils ont aussi perquisitionné les bureaux de la direction départementale vétérinaire de Nantes et le domicile de l'inspecteur vétérinaire en charge du contrôle de l'abattoir de Châteaubriant, ville où est se situe le siège de Castel Viandes.

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