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Semaine de mobilisation pour le don de moelle osseuse, les jeunes hommes sollicités

BFM Alexandra Bresson
A ce jour, les hommes ne représentent cependant que 35% des donneurs inscrits sur le registre français des donneurs de moelle osseuse.

A ce jour, les hommes ne représentent cependant que 35% des donneurs inscrits sur le registre français des donneurs de moelle osseuse. - iStock - Portra

A l'occasion de la 12e Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, l’Agence de la biomédecine lance un appel pour recruter davantage de jeunes donneurs, en particulier des hommes.

Sensibiliser les personnes jeunes, en particulier les hommes, et encourager le plus grand nombre de personnes à devenir donneur. Tel est l’objectif de la 12ème Semaine nationale de mobilisation pour le don de moelle osseuse, qui se déroulera du 13 au 19 mars 2017 au travers notamment d’une campagne radio nationale et locale. Celle-ci est organisée par l’Agence de la biomédecine en collaboration avec l’Établissement français du sang et vise également à combattre les idées fausses sur ce type de don.

Chaque année en France, plusieurs milliers de personnes atteints de maladies graves du sang comme la leucémie ou le lymphome peuvent être soignées grâce à une greffe de moelle osseuse. Celle-ci n’est possible qu’entre un malade et un donneur dont les caractéristiques biologiques sont aussi proches que possible.

Lorsque le malade n’a pas de donneur compatible parmi sa famille, son médecin se tourne vers le registre France Greffe de Moelle (RFGM). Ce dernier rassemble l’ensemble des volontaires au don de moelle osseuse en France, "soit actuellement un peu plus de 200 000 donneurs", selon l'Agence de la biomédecine qui précise que la recherche d’un donneur compatible est aussi lancée à l’étranger.

Seulement 35% de donneurs masculins

Pour répondre dans la durée au besoin de chaque patient, elle fait savoir qu'elle souhaite recruter une population plus jeune, notamment des hommes de moins de 40 ans. Car si les médecins privilégient toujours le donneur ayant la compatibilité la plus élevée avec le patient, ce sont les hommes qui sont le plus souvent sollicités lorsque le choix est possible.

"Les cellules issues de moelle osseuse prélevée chez les donneurs masculins sont mieux tolérées par les patients sur le plan immunologique et les chances de succès de la greffe sont donc plus élevées, explique le Pr Jacques Olivier Bay, président de la SFGM-TC* et responsable du service d'hématologie au CHU de Clermont-Ferrand. L'explication tient au fait que la moelle osseuse des hommes n'est pas exposée aux anticorps que la femme peut potentiellement développer pendant sa grossesse."

Or, à ce jour, les hommes ne représentent que 35% des donneurs inscrits sur le registre français des donneurs de moelle osseuse. "Plus de 80% des personnes qui se sont inscrites sur le registre français en 2016 ont moins de 40 ans. C'est une tendance qui doit s'inscrire dans la durée. En revanche, les hommes sont encore trop peu nombreux à s'engager", ajoute le Dr Evelyne Marry, directrice Prélèvement Greffes cellules souches hématopoïétiques à l’Agence de la biomédecine.

L'opération chirurgicale n'est pas obligatoire

Si recruter davantage d'hommes est une priorité, les femmes sont toujours invitées à poursuivre leur mobilisation, puisque tout donneur, peu importe le sexe, apporte une chance supplémentaire de guérison à un malade. Il est possible de le devenir à trois conditions: être en parfaite santé, être âgé en 18 et 50 ans et répondre à un entretien médical. Un don qui n'est par ailleurs pas aussi contraignant ni aussi douloureux qu'il n'y paraît.

Trois prélèvements sur quatre s’effectuent à partir du sang et le reste relève d’une procédure chirurgicale simple au niveau de l’os postérieur du bassin, qui nécessite au maximum 48h d'hospitalisation. A noter qu'il ne faut pas confondre moelle osseuse et moelle épinière. La première est un tissu situé au centre des os tandis que la seconde fait partie du système nerveux central situé dans la colonne vertébrale. Il n’y a donc pas de risque d’être paralysé à l'issue du don. Enfin, lorsqu’un donneur compatible est identifié, il n'a pas pour obligation d'être disponible immédiatement.

Quel que soit le mode de prélèvement, le don se planifie "entre 1 et 3 mois à l’avance pour préparer le malade à recevoir sa greffe et organiser sereinement le prélèvement du donneur", indique l'Agence de la biomédecine. Chaque nouveau donneur inscrit compte puisqu'il existe en moyenne 1 chance sur 1 million de trouver un donneur compatible pour un patient hors fratrie. En 2016, 967 patients ont ainsi bénéficié d’une greffe de moelle osseuse en France grâce à des donneurs non apparentés.