Salles de shoot: le débat est relancé

Les salles de consommation sont destinées aux toxicomanes de rue, précarisés et en rupture. - -
Deux voix discordantes sur les salles de shoot. Si l'Académie nationale de pharmacie s'est prononcée lundi contre l'ouverture de salles de consommation de drogues, l'association anti-addictions ANPAA a, elle, apporté son soutien à ce projet du gouvernement.
"L'Académie nationale de pharmacie émet un avis défavorable à l'expérimentation de salles d'injection contrôlée de 'drogues de rue' telle qu'elle est actuellement définie dans le projet" du gouvernement, a déclaré l'Académie, société savante qui a pour rôle d'émettre des avis.
Au contraire, l'Association nationale de prévention de l'alcoologie et de l'addictologie (ANPAA) a tenu à rappeler lundi "son soutien constant à l'expérimentation des salles de consommation à moindre risque".
La qualité des produits impossible à garantir
Le projet gouvernemental d'ouverture de premières salles expérimentales de consommation de drogues a reçu un coup d'arrêt temporaire à l'automne 2013 par le Conseil d'État.
Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt), a déclaré fin janvier qu'un "texte de loi" était toutefois bien en "préparation" pour permettre d'ouvrir une première salle à Paris, près de la gare du Nord.
Les membres de l'Académie de pharmacie ont expliqué dans un communiqué leur "avis défavorable" par le fait qu'il n'est pas possible de garantir la qualité, l'identité et la non contamination des produits injectés et que l'objectif est de "venir en aide à ces patients et non d'entretenir leurs addictions".
Une mission de sécurité publique
L'Académie a demandé un "renforcement des moyens alloués aux centres de soins pour toxicomanes et aux unités d'addictologie" qui prennent en charge 170.000 patients pour des "traitements de substitution" à la drogue, en vue d'un sevrage.
Prenant le contre-pied de l'Académie, l'ANPAA souligne au contraire que ces salles "encadrées par des professionnels de santé offrent un espace de consommation sécurisée dans des conditions d'hygiène acceptables, avec notamment un contrôle des substances apportées". Ces lieux s'adresseraient en priorité "à une population urbaine d'usagers (...) particulièrement précarisés qui ne peuvent pour l'instant s'engager dans une démarche de soins".
Ils permettraient "de réduire les overdoses" et de "freiner la transmission des agents infectieux", en premier lieu des virus du sida et de l'hépatite C par les seringues usagées, et contribueraient "également à l'amélioration de la sécurité publique", assure l'ANPAA.











