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Rhumatismes: comment soulager les douleurs et la fatigue du quotidien

BFM Gabriel Joly
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Les spécialistes Jérémie Sellam et Sébastien Czernichow estiment qu'il y des "liens forts entre rhumatismes, obésité et alimentation".

"J’ai de nouveau mal au genou, je ne peux plus faire mes courses", "l’articulation de mon pouce me fait souffrir"... On a tous déjà émis ou entendu ce type de plaintes. Environ 15 millions de Français souffrent de rhumatismes, dont 70 % de femmes. Mais alors comment soulager les douleurs?

Jérémie Sellam, professeur de rhumatologie à l’hôpital Saint-Antoine, et Sébastien Czernichow, professeur et chef du service de nutrition HEGP, estiment qu'il y des "liens forts entre rhumatismes, obésité et alimentation". Une thèse détaillée dans leur livre "Arthrose, arthrite, je me soigne en mangeant !" paru chez Solar.

Rhumatismes: 15 millions de Français concernés, comment soulager douleurs et fatigue au quotidien
Rhumatismes: 15 millions de Français concernés, comment soulager douleurs et fatigue au quotidien
23:45

"Les rhumatismes, c'est l'ensemble des maladies articulaires et des pathologies qui concernent les structures autour des articulations comme les tendons. Dès que des dégâts articulaires se produisent, on a mal car les nerfs dans les articulations entraînent un signal douloureux que l'on perçoit au genou, dans la hanche ou autre", explique le premier nommé dans Le podcast Santé de BFMTV.

Arthrose ou arthrite ?

Pour savoir comment traiter ces douleurs, il faut d'abord identifier s'il s'agit d'une douleur mécanique liée à l'arthrose, pour les personnes de plus de 50 ans, ou une inflammation, qui survient même lorsqu'on ne marche pas. Dans ce deuxième cas, il s'agit d'une arthrite qui peut toucher les patients dès la trentaine.

"Dans les rhumatismes inflammatoires, on a des traitements médicamenteux que les patients vont devoir prendre sur une longue période pour bloquer le court évolutif de la maladie. Il est impératif de suivre le traitement et l'alimentation permet d'aller encore mieux", assure Jérémie Sellam, qui rappelle que le tabac peut aggraver la pathologie.

Pour l'arthrose en revanche, "la révolution thérapeutique se fait attendre". Il y a bien des anti-inflammatoires et des anti-corticoïdes qui permettent de soulager un temps le patient mais on est à la recherche de nouvelles solutions.

"Le traitement de l'arthrose est multimodal et il ne se résume pas un médicament sur une ordonnance. Il y a un médicament contre la poussée, puis on va insister sur l'activité physique, le renforcement musculaire et le contrôle du poids…", énonce le spécialiste.

À titre d'exemple, un sujet en situation d'obésité a cinq fois plus de risque de développer une arthrose du genou.

Une alimentation méditerranéenne privilégiée

"L'articulation est en relation avec le reste de l'organisme et donc ce qui passe dans le sang. [Son état] dépend donc de ce que l'on mange", ajoute Sébastien Czernichow.

Mais il se refuse à faire toute caricature, en pointant un aliment comme bon ou mauvais pour diminuer les effets des rhumatismes.

"Si une personne dit que boire moins de lait lui fait du bien, pourquoi le contredire? Il faut tenir compte de ces petites expériences du quotidien. Mais il faut être sûr que cela aura des conséquences sociales et médicales. Quand on arrête les produits laitiers, on diminue son apport calcique et fragilise sa santé osseuse", illustre-t-il.

Autrement dit, si un patient a envie de mettre en place un régime d'exclusion vis-à-vis d'un type d'aliment (laitiers, gluten, etc.), mieux vaut le faire "après une prise de sang, de manière encadrée avec un diététicien et vérifier que la santé n'est pas altérée".

"Une alimentation de type méditerranéenne a un bénéfice sur les maladies inflammatoires et un effet général sur la santé, notamment avec un apport en fruits oléagineux (amende, noix, noisette) ou en huile d'olive", précise néanmoins le nutritionniste.

La chirurgie en cas de gêne au quotidien?

Si un repos proportionné est toujours recommandé, bouger reste enfin l'un des principaux moyens pour éviter que les douleurs ne se prolongent sur une période trop longue.

Les pistes évoquées pour refaire du cartilage, notamment avec des cellules-souches, peinent à faire leurs preuves, la chirurgie peut, en dernier recours, être bénéfique dans certains cas.

"Cela va être dicté par l'impact sur la qualité de vie du patient. S'il a une arthrose avancée mais continue de faire ses activités quotidiennes, il n'y a aucune raison de l'opérer au vu de la période de rééducation pas évidente. On pourrait en discuter pour une personne pour qui la douleur gêne au quotidien", détaille Jérémie Sellam.