Quel bon usage des médicaments en cas de forte chaleur ?

En cas de vague de chaleur certains médicaments sont susceptibles d’aggraver un syndrome d’épuisement-déshydratation ou un coup de chaleur. - iStock - Savushkin
La bonne conservation d'un médicament est l'un des premiers réflexes à appliquer après son achat, et ce conseil est d'autant plus important en cas de canicule, comme le rappelle l'ANSM*. Car si aucune condition de conservation n'est généralement indiquée, une exposition prolongée à de fortes chaleurs peut en dégrader certains. Il est donc impératif de regarder sur l'emballage si le traitement nécessite une attention particulière dans ce domaine. Pour ceux dont la conservation est indiquée à une température inférieure à 25°C ou 30°C, l'ANSM ne pointe pas de risques particuliers.
Il est possible de les conserver dans leur rangement habituel car "des études ont démontré qu’une température élevée pendant quelques jours ne dégrade pas ces médicaments", explique-t-elle. Conservé dans le réfrigérateur, les traitements pour lesquels est indiquée une conservation entre +2 et +8°C ne seront pas altérés par la chaleur. Mais une fois en dehors, il est conseillé de les utiliser rapidement. "Vous devez aussi éviter de les sortir, puis les rentrer s’ils n’ont pas été utilisés: le cycle 'froid-chaud' n’est pas recommandé", souligne l'ANSM.
Lors du grand départ en vacances, transporter ses médicaments pendant une canicule doit se faire avec précaution. Les médicaments classiques se rangent dans un emballage isotherme non réfrigéré, et ceux conservés au réfrigérateur dans un emballage isotherme réfrigéré "tout en veillant à ce qu'ils ne soient pas congelés". Même sous ce conditionnement, il est important de veiller à ne pas les exposer trop longtemps à des températures élevées, notamment dans les coffres ou les habitacles de voitures exposées en plein soleil. Dans tous les cas, il est fortement recommandé d'interrompre soi-même le traitement.
Les médicaments peuvent-ils représenter un risque?
Il faut néanmoins faire preuve de vigilance car certains médicaments "en interagissant avec les mécanismes adaptatifs de l’organisme sollicités en cas de température extérieure élevée, peuvent contribuer à l’aggravation du syndrome d’épuisement et du coup de chaleur", prévient l'ANSM. Les diurétiques peuvent par exemple aggraver la déshydratation, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, antibiotiques de la famille sulfamides, antiviraux de classe indinavir peuvent entraîner une altération de la fonction rénale et les anti-hypertenseurs aggravent indirectement les effets de la chaleur.
Les patients doivent également demander un avis médical pour les médicaments sans ordonnance car il est par exemple déconseillé de prendre de l'aspirine, qui peut gêner l'adaptation de l'organisme à la chaleur ou du paracétamol, inefficace pour traiter un coup de chaleur. Mais le médicament ne représente pas un risque à lui tout seul, d'autres facteurs sont connus pour limiter la capacité de l’organisme à régler sa température, comme un âge jeune ou élevé, une surcharge pondérale ou des pathologies comme une maladie cardiaque, rénale, respiratoire, un diabète, une maladie neurologique ou psychiatrique.
*Agence nationale de sécurité du médicament











