Paris: privée de visite dans l'Ehpad où réside sa mère, elle entame une grève de la faim

Depuis le début du confinement mis en place pour lutter contre la propagation du coronavirus, Sabrina Deliry n'a pas pu voir sa mère âgée de 80 ans et résidant en Ehpad. Cette Parisienne a ainsi décidé d'entamer une grève de la faim devant l'établissement de la capitale où vit sa maman pour réclamer le droit de lui rendre visite. "Je suis complètement désespérée, j'ai demandé hier l'autorisation de voir ma maman et c'est non, strictement non", a témoigné Sabrina Deliry au micro de BFMTV.
Un acte radical pour dénoncer selon elle les conditions dans lesquelles vit sa mère, confinée depuis près d'un mois dans une chambre de 15 mètres carrés.
"Je n'ai pas mis ma maman à l'Ehpad pour qu'elle soit en taule, et pour qu'ils me privent d'elle et qu'ils la privent de ses libertés individuelles et fondamentales", s'emporte-t-elle.
Après le confinement, "ça va être un légume"
Sabrina Deliry assure cependant comprendre les mesures de confinement mises en place pour protéger les pensionnaires des maisons de retraites, particulièrement vulnérables face au coronavirus.
"Crise ou pas crise, je comprend qu'ils veulent les protéger, je suis la première à vouloir le faire. Mais de toute manière avec leurs directives invraisemblables, ils les ont mis en danger", juge-t-elle.
Selon la gréviste de la faim, la santé de sa mère pourrait se dégrader de manière importante si rien n'est fait. L'octogénaire est en effet handicapée moteur et a besoin de deux séances de kinésithérapie par semaine. Des rendez-vous médicaux impossibles depuis le début du confinement.
"Si on la mobilise pas, elle pourra plus se déplacer, elle pourra plus marcher. Ma maman est en détresse majeure physique, psychique. Elle va sortir de ce confinement, ça va être un légume", assure Sabrina Deliry.
Déjà plus de 2000 morts en Ehpad
Sabrina Déliry a décidé de prendre un avocat, de continuer sa grève de la faim et de revenir tous les jours devant l'établissement où réside sa mère tant qu'elle n'obtiendra pas ce qu'elle souhaite. Contacté par BFMTV, la direction de l'Ehpad parisien explique de son côté qu'elle ne fait qu'appliquer les mesures de confinement mises en place par l'État.
Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, pas moins de 2189 personnes vivant dans des maisons de retraite sont mortes du covid-19.











