"On n'a jamais vu ça": les accidents de trottinettes électriques peuvent causer des blessures rares

Les trottinettes électriques se sont installées dans les rues des grandes villes. L'arrivée de ce nouveau mode de transport a donné lieu à des blessures rares voire quasi inexistantes auparavant, assure François Rannou, chef de service en médecine physique et réadaptation à l'hôpital Cochin à Paris, et invité de BFMTV ce mercredi.
Des blessures très inhabituelles
"Les blessures typiques qu'on observe, ce sont des fractures des deux avant-bras, c'est quand même très original", estime-t-il en soulignant que son service ne prend pas en compte les traumatismes crâniens.
Car d'habitude, selon lui, "les blessures sont souvent unilatérales et quand elles sont bilatérales, elles sont asymétriques. Mais ce ne sont jamais des blessures symétriques (...). En voiture, on peut avoir ça au niveau des membres inférieurs mais en tout cas, au niveau des membres supérieurs, nous on n'a jamais vu ça". Il précise qu'en six mois, son service a pris en charge deux personnes pour ce type de blessures.
Ces traumatismes sont très différents de ceux causés par des accidents à vélo, qui concernent principalement les poignets, les clavicules et "la tête, dans 90% des cas".
Le service de médecine physique et réadaptation de l'hôpital a d'ailleurs enregistré une "explosion" des accidents liés aux trottinettes électriques, à l'image des statistiques à l'échelle qui font part d'une augmentation "de plus de 600%" du nombre de ces accidents sur la période 2019-2022. Une augmentation qui détone face à la "baisse" des accidents de la route impliquant "la voiture, les scooters, les motos, les piétons".
Deux profils: les cadres quinquagénaires et les jeunes
Le professeur François Rannou identifie par ailleurs deux types de blessés pris en charge dans son service: "Il y a des patients qui ont plutôt la cinquantaine, qui sont des cadres et qui ont choisi d'utiliser la trottinette pour se déplacer au travail. Et il y a une deuxième catégorie, ce ne sont pas du tout les mêmes: ce sont des jeunes, voire des très jeunes. Eux, ce n'est pas pour aller au boulot, ça a un aspect un peu ludique, qui est un vrai problème".
"Se déplacer avec un véhicule motorisé, ce n'est pas un jeu", tranche-t-il.
Pour le médecin, l'usage d'un casque robuste (pas seulement un casque de vélo) et de protections pour les poignets doivent devenir obligatoires. Il estime que les conducteurs de trottinettes devraient prendre l'exemple de certains utilisateurs qui choisissent de porter "des casques de motards" et des équipements robustes pour se protéger des accidents graves et parfois mortels que peut engendrer ce moyen de transport.











