Luminothérapie, sport, compléments... Comment lutter contre la dépression saisonnière?

Une perte de morale durant ces journées grises? Vous n'êtes pas seul. La dépression saisonnière est une dépression qui intervient généralement en automne et en hiver. "Il s'agit d'une vraie pathologie à distinguer d’un blues hivernal", indique Jérôme Palazzolo, médecin psychiatre à Nice (Alpes-Maritimes). À cette période-là, les jours raccourcissent et la luminosité est moins importante. Ce trouble est donc directement lié aux changements environnementaux.
"En automne et en hiver, il y a un manque de lumière et ça peut avoir un impact au niveau hormonal", explique Laetitia Thorel, psychologue-clinicienne au Houlme (Seine-Maritime). Concrètement, "pendant cette période, l’organisme cherche à s’adapter donc il produit plus de mélatonine (communément appelée l'hormone du sommeil, NDLR). Cela a un impact sur les autres neurotransmetteurs et notamment la sérotonine", précise Jérôme Palazzolo.
La sérotonine "agit dans la régulation de l’humeur, de l’alternance veille-sommeil, ou encore de l’appétit", entre autres, indique l'Institut du cerveau.
Ne pas confondre avec d'autres pathologies
En fonction de chaque individu, mais aussi de son lieu d'habitation et du taux d'ensoleillement, un blues hivernal passager peut intervenir, ou bien une dépression saisonnière. Grosse fatigue, manque d'envie, troubles du sommeil, tristesse... Les personnes touchées ressentent comme une baisse de régime.
Par ailleurs, il est possible de confondre ce type de trouble avec une "dépression profonde, une dépression réactionnelle ou la réactivation d’un moment traumatique", précise Laetitia Thorel.
Concrètement, une personne peut penser que sa dépression vient de la saison, alors qu'en réalité, elle résulte d'un traumatisme survenu durant cette période quelques années plus tôt, comme lors d'un repas de Noël conflictuel. Par exemple, le corps peut se souvenir que c’était lors d’une période où il faisait froid et nuit et donc "la période peut réactiver des choses compliquées" selon la spécialiste.
Recours à la luminothérapie
S'il s'agit véritablement d'une dépression saisonnière, alors il est possible de suivre une thérapie et de mettre en place des bonnes habitudes.
Dans la mesure où ce type de dépression est directement lié à la lumière, alors il est préconisé d'avoir recours à la luminothérapie. "Elle est utilisée dans un cadre thérapeutique", note Jérôme Palazzolo, donc avec les conseils d'un professionnel de santé.
"Généralement, il faut le faire pendant une heure, le matin, trois fois par semaine", ajoute le psychiatre.
Il est également conseillé "d'aller davantage à l'extérieur durant la journée pour combler le manque de lumière", souligne Laetitia Thorel. Pour éviter l'isolement, il faut aussi essayer, au maximum, de voir ses proches et de faire des activités en groupe.
Le soutien des professionnels de santé
Les personnes touchées par ces dépressions saisonnières doivent maintenir, au maximum, une bonne hygiène de vie. "Se lever à la même heure, faire des repas équilibrés, éviter l'alcool et faire une activité physique. On a remarqué que faire une heure de cardio trois fois par semaine aidait dans la dépression saisonnière, simplement car ça permet de créer des endorphines", indique Jérôme Palazzolo.
Ces bonnes pratiques doivent parfois être associées à une thérapie cognitive et comportementale, précisent les deux professionnels de santé. Elle peut permettre au patient de comprendre à quoi est due cette dépression, puis l'aider à mettre en place un agenda avec des activités et faire évoluer ses pensées.
"Si tout cela ne suffit pas, alors on peut envisager un traitement antidépresseurs avec des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine). Ça augmente la sérotonine au niveau du cerveau et ça ne créé aucune dépendance", conclut le psychiatre Jérôme Palazzolo.












