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Les ondes peuvent avoir un impact sur les fonctions cognitives des enfants

BFM Ma. G. avec AFP
Les vertus du numérique à l'école maternelle fait débat.

Les vertus du numérique à l'école maternelle fait débat. - Fred Dufour - AFP

Un rapport de l'Agence sanitaire estime que l'exposition aux radiofréquences a "des effets possibles sur les fonctions cognitives et le bien-être" des enfants.

Poser un babyphone à côté de son enfant ou offrir une tablette à son ado ne sont pas des gestes anodins. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié vendredi un rapport d'expertise sur l’exposition des enfants aux radiofréquences qui pointe les effets possibles et appelle à la prudence.

L'Anses conclut que les ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables, les tablettes tactiles ou les jouets connectés ont "un effet possible sur les fonctions cognitives (mémoire, fonctions exécutives, attention) des enfants". Les experts ont également recensé des effets négatifs sur le bien-être: fatigue, troubles du sommeil, stress, anxiété. Mais ceux-ci "pourraient être davantage liés à l'usage fait des téléphones portables plutôt qu'aux radiofréquences elles-mêmes", nuance Olivier Merckel, chef de l'évaluation du risque lié aux nouvelles technologies à l'Anses.

En revanche, l'agence sanitaire estime que "les données actuelles ne permettent pas de conclure à l'existence ou non d'effets chez l'enfant sur le comportement, les fonctions auditives, le développement, le système reproducteur ou immunitaire, ni d'effets cancérogènes".

Des différences morphologiques et anatomiques

Dans cette étude, l'Anses souligne que les très jeunes enfants (moins de six ans) sont aujourd'hui exposés très tôt et ce même in utero en raison des multiples sources d'ondes auxquelles ils sont soumis: téléphones mobiles et tablettes tactiles, mais aussi jouets radiocommandés (voitures, locomotives, peluches…), robots communicants, talkies-walkies, veille-bébés (babyphones) et autres dispositifs de surveillance, tels que les bracelets émettant un signal lorsque le bébé s’éloigne d’un périmètre donné.

Or Olivier Merckel, de l'Anses, insiste sur le public particulier que représentent les enfants: 

"Nous sommes aujourd'hui certains que les enfants sont plus exposés que les adultes du fait de leurs différences morphologiques et anatomiques. Ce ne sont pas de petits adultes".

Au niveau du cerveau en particulier, certaines zones encore en transformation sont plus sensibles aux ondes, pointe l'étude.

Retarder l'âge du premier téléphone

L'Anses recommande en conséquence "un usage modéré et encadré" des technologies sans fil par les enfants. Elle propose aussi d'appliquer à tous les dispositifs émetteurs d'ondes "les mêmes obligations réglementaires" que pour les téléphones, et notamment la mesure du débit d'absorption spécifique (DAS), qui correspond à la quantité d'énergie absorbée par le corps. 

"Nous avons des interrogations sur les tablettes, notamment celles qui fonctionnent non pas en wifi mais en 3G ou 4G", confie Olivier Merckel. L'agence sanitaire voudrait aussi que les conditions de ces mesures soient révisées pour être plus proches des conditions d'utilisation.

Les experts ont en revanche écarté une interdiction des téléphones portables aux moins de six ans, votée en 2010 mais dont le décret n'est jamais paru. Si l'utilisation à un si jeune âge des téléphones portables est "heureusement rare", Olivier Merckel préconise de "retarder l'âge de la première utilisation".