Les hydrocarbures d’huiles minérales : quels effets sur la santé ?

Les hydrocarbures d'huiles minérales sont notamment ajouté en tant qu'agent d'enrobage dans les céréales. - iStock- Daniela Jovanovska-Hristovska
Déjà interdit de vente au Chili en raison d'une législation alimentaire stricte pour lutter contre l'obésité, Kinder fait désormais l'objet d'une autre accusation: ces barres chocolatées de la marque Ferrero contiendraient des substances cancérigènes, selon l'ONG de défense de consommateurs Foodwatch. Les tests en laboratoire mené sur vingt produits chocolatés ont révélé dans trois d'entre eux la présence d'hydrocarbures huiles minérales, des composés jugés cancérigènes et dont la valeur la plus élevée concernait les Kinder. Ces particules sont suspectées de s'accumuler dans le corps et de provoquer à long terme des dommages aux organes et même des cancers.
L'impact de ces hydrocarbures (appelés MOH) sur la santé est déjà pointé du doigt depuis plusieurs années par l'Autorité européenne des produits alimentaires (Efsa), qui s'inquiète d'un risque à la fois "génotoxiques et cancérigènes". Ses experts ont identifié deux types principaux de MOH: les hydrocarbures saturés et les hydrocarbures aromatiques, dont l'impact sur la santé humaine varie largement. Les premiers peuvent s'accumuler dans les tissus et induire des effets indésirables pour le foie et les seconds peuvent endommager l'ADN et également provoquer le cancer.
Les emballages, première source d'exposition
Le consommateur peut y être exposé notamment via les emballages alimentaires car ces huiles proviennent en grande partie des encres d’impression présentes dans les emballages à base de papier recyclé. Mais leur présence a également été notifiée directement dans certains aliments. "Selon les données disponibles, de faibles niveaux de MOH saturés étaient présents dans tous les groupes d’aliments et quelques niveaux élevés ont été détectés dans des pains et brioches et dans des céréales destinées à la consommation humaine en raison de leur utilisation, respectivement comme agents anti-adhésifs et agents d’enrobage (utilisés pour rendre les céréales brillantes)", précise l'Efsa.
Mais si cette dernière fait bien état "d'une inquiétude pour certains consommateurs", elle n'est cependant pas en mesure "d’exprimer ce risque en termes quantitatifs" et ne se prononce pas officiellement pour fixer des limites strictes sur la quantité d’huiles minérales dans les aliments. C'est pour cette raison que Foodwatch réclame un effort de la part des fabricants et une "tolérance zéro pour les huiles minérales aromatiques" de la part des autorités européennes. L'ONG l'avait déjà requis en 2015, en lançant une pétition dans laquelle elle expliquait que "le problème est connu depuis des années, et pourtant les responsables politiques n’ont toujours pas réagi".
Un constat pratiquement partagé par la marque Ferrero, qui a tenu à répondre à cette étude en affirmant que "la discussion sur les composants d'hydrocarbures d’huiles minérales dans des produits alimentaires n'est pas nouvelle". Dans un communiqué, la firme italienne soutient qu'elle "travaille sur des solutions techniques pour minimiser ces substances omniprésentes autant que possible et éviter leur transfert et leur migration à la nourriture avec tous ses partenaires de chaîne d'approvisionnement" et qu'elle utilise des "fibres vierges venant de chaînes d'approvisionnement durables certifiées". Reste à savoir si cet argument saura rassurer les consommateurs.











