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Les cycles menstruels influencés par la Lune? Ce que dit une étude menée par l'Inserm

BFM Fanny Rocher
Une femme souffrant de règles douloureuses, à Toulouse, le 1er mars 2023. (photo d'illustration)

Une femme souffrant de règles douloureuses, à Toulouse, le 1er mars 2023. (photo d'illustration) - Charly TRIBALLEAU / AFP

Une équipe de recherche internationale menée par un chercheur de l'Inserm s'est penchée sur les liens entre cycle menstruel et cycle lunaire. Il apparaît que le cycle menstruel est influencé par une horloge interne, elle-même parfois influencée par le cycle lunaire.

La Lune aurait-elle des conséquences sur le cycle menstruel? Ce lien, souvent supposé, n'a jamais été prouvé par la science. Une équipe internationale de chercheurs, menée par un scientifique de l'Inserm, s'est penchée sur le sujet.

D'après leurs conclusions, qui vont être publiées dans Science Advances, cette question a souvent été posée notamment par le "rythme cyclique" et les "durées similaires" des cycles menstruel et lunaire.

Des cycles similaires

Pour leurs travaux, les chercheurs, dont certains de l'Inserm, du CNRS et de l'Université Claude Bernard Lyon 1, ont comparé "un grand nombre de données de cycles, récoltées dans des études européennes et nord-américaines". En moyenne, un cycle menstruel classique dure 29,3 jours, "avec des variations de durée d'une personne menstruée à une autre et d'un cycle à l'autre chez une même personne".

Le cycle menstruel suit "trois phases", "chacune dédiée à la réalisation d'un processus spécifique en lien avec l'ovulation qui survient autour du 14e jour de cycle". Or, selon plusieurs études, ces phases pourraient être influencées par une "horloge interne", "dont la perturbation du rythme serait associée à des irrégularités dans le cycle menstruel".

Ainsi, "en cas de perturbation", "des mécanismes d'adaptation" "par synchronisation avec des conditions externes entreraient en jeu pour rétablir le rythme optimal". Ce facteur externe pourrait, justement, être le cycle lunaire.

Une "horloge biologique" synchronisée avec le cycle lunaire?

Les chercheurs ont donc étudié l'existence potentielle "d'une horloge biologique interne qui régulerait le cycle menstruel et qui pourrait être synchronisée avec le cycle lunaire".

Dans un premier temps, les chercheurs ont comparé "la stabilité" d'un cycle menstruel à l'autre au niveau individuel, sur près de 27.000 cycles menstruels. Ils ont constaté la "stabilité globale" de la durée du cycle de chaque participante, alors que sur "un ensemble de cycles successifs, certains duraient en fait plus ou moins longtemps que son cycle 'standard'". 

Pour René Écochard, premier auteur de l’étude, médecin aux Hospices Civils de Lyon et professeur à l’Université Claude Bernard Lyon 1, "ces observations suggèrent l'existence d'un mécanisme qui corrigerait la différence entre la durée du cycle en cours et celle d'un cycle menstruel typique chez la personne concernée".

"L'observation de ce phénomène plaide en faveur de l'existence d'une horloge interne régulant finement les cycles menstruels, elle-même synchronisée par un événement cyclique environnemental", précise un des autres participants à l'étude, Claude Gronfier, de l'Inserm.

Une influence "modeste mais significative"

Pour pousser leurs recherches, l'équipe a ensuite étudier les relations potentielles entre "la survenue des menstruations dans les cycles étudiés et les phases de la lune". Selon leurs résultats, il pourrait bien y avoir un lien "occasionnel mais significatif" entre le cycle menstruel et le cycle lunaire.

Avec toutefois, et sans explications pour l'heure, une différence entre les sujets nord-américains et les européens: "Le cycle commençait le plus souvent lors de la phase croissante de la lune tandis qu'il commençait plus souvent à la pleine lune dans la cohorte d'Amérique du Nord".

"Malgré cette différence étonnante que nous ne parvenons pas à expliquer pour le moment, les liens identifiés dans ces travaux entre les cycles lunaires et menstruels (...) suggèrent que la périodicité des menstruations et de l'ovulation pourraient être influencées, de manière modeste mais significative, par le cycle lunaire", détaille Claude Gronfier. 

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Les résultats de l'étude tendent donc à montrer que le cycle menstruel serait finement régulé par une horloge interne, elle-même influencée de manière occasionnelle par le cycle lunaire.

Si les scientifiques soulignent que les résultats doivent être "approfondis et confirmés", l'existence de ce lien pourrait améliorer la prise en charge de certaines pathologies.

"Confirmer l'existence d'une horloge interne coordonnant le cycle menstruel, ainsi que les mécanismes impliqués dans sa synchronisation, pourrait permettre d'appliquer des approches de médecine dite 'circadienne', personnalisée –déjà utilisée en cancérologie et pour le traitement des troubles du sommeil ou de la dépression, par exemple- à des problématiques comme les troubles de l'ovulation et de la fertilité", conclut Claude Gronfier.