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Les capacités physiques et cognitives des enfants ont été affectées par les confinements

BFM Hugues Garnier , Journaliste BFMTV
Une salle de classe vide dans une école parisienne lors du premier confinement le 30 avril 2020 (photo d'illustration)

Une salle de classe vide dans une école parisienne lors du premier confinement le 30 avril 2020 (photo d'illustration) - Stéphane de Sakutin/AFP

Prise de poids, manque de souffle... Une étude menée sur 90 élèves d'écoles de l'Allier et du Puy-de-Dôme alerte sur l'impact qu'a notamment pu avoir le premier confinement sur leurs capacités physiques, mais aussi intellectuelles.

Une étude menée par le Centre hospitalier universitaire de Clermont-Ferrand et relayée par nos confrères du Monde indique que le confinement, mis en vigueur pour contrer l'épidémie de Covid-19, a eu une incidence néfaste sur la santé des enfants.

Réalisée entre septembre 2019 et septembre 2020, l'étude menée sur 90 élèves scolarisés dans des classes de CE1 et CE2 de l'Allier et du Puy-de-Dôme donne des indications inquiétantes sur leurs conditions physiques: l'indice de masse corporelle (IMC) a augmenté de deux à trois points en moyenne pour chaque enfant.

L'IMC en hausse de 2 à 3 points selon les élèves

"Nous n'avions jamais vu ça", s'inquiète dans les colonnes du journal Martine Duclos, cheffe du service de médecine du sport au CHU de Clermont Ferrand, "des enfants sportifs, sans aucun problème de santé, aucun problème de poids, ont grossi de 5 à 10 kg du fait de l'arrêt de la pratique sportive. Et tous n'ont pas repris l'activité physique."

La cheffe de service et présidente du comité scientifique de l'Onaps (l’Observatoire national de l’activité physique et de la sédentarité) fait également part d'une autre inquiétude concernant les capacités respiratoires des enfants.

Ainsi la plupart ont rapidement rencontré des difficultés au cours d'un simple test physique consistant à courir de plus en plus vite d'un plot à un autre. Un constat que l'équipe du CHU de Clermont-Ferrand explique notamment par le confinement instauré au printemps de 2020.

Leurs capacités cognitives en baisse d'environ 40%

Mais les mesures restrictives n'auront pas seulement eu des effets néfastes sur la santé corporelle des enfants. Le CHU de Clermont-Ferrand a notamment cherché à tester les capacités intellectuelles des élèves et à les comparer à celles d'avant-Covid.

Le résultat est sans appel: tandis que l'ensemble des élèves parvenait en septembre 2019 à relier les lettres de l'alphabet à leur chiffre correspondant dans un temps imparti, la majorité n'a pas réussi cet exercice un an plus tard.

"Un an de confinement a été catastrophique, à un moment essentiel de plasticité neuronale", rapporte Martine Duclos, avançant une baisse des capacités cognitives d'environ 40% pour ces élèves.

Et il n'y a pas que la santé des élèves de primaire qui préoccupent les autorités: dans un avis rendu fin novembre, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) estimait que 66% des adolescents âgés de 11 à 17 ans "présentent un risque sanitaire préoccupant" en raison du temps passé quotidiennement devant un écran et du manque d'activité physique par jour. Gageons que la reprise des compétitions sportives et que la totale reprise des cours en présentiel à la rentrée permettront de pallier ces autres effets néfastes de la crise sanitaire.