BFM

Le manque de neige entraîne une hausse des blessures dans certaines stations de ski

BFM Sophie Cazaux
placeholder video
Le faible enneigement de cette saison entraîne une hausse de l'affluence dans les stations de haute montagne, dont certaines constatent une augmentation du nombre de blessés, aussi causée par une neige plus dure.

Le réchauffement climatique et ses conséquences, la suite. Certaines stations de ski constatent une hausse de blessés pour cette saison par rapport aux précédentes, notamment en raison de la faible quantité de neige. C'est par exemple le cas de celle d'Avoriaz, en Haute-Savoie. Située à 1800 mètres d'altitude, elle a bénéficié du "report des stations de moyenne montagne", qui ont connu un enneigement moindre cette année, selon Maud Baud, de la société des remontées mécaniques d'Avoriaz.

À ce jour, 75% des pistes des massifs français sont ouvertes: le plus bas a été atteint fin décembre, où seules 50% des pistes étaient ouvertes, selon les chiffres communiqués par les Domaines skiables de France à BFMTV.com. Ce syndicat des opérateurs de domaines skiables confirme que "les stations de basse montagne ont été les plus impactées" par ce phénomène dû à un déficit neigeux.

À Avoriaz, on évalue l'affluence supplémentaire à 17%. Il est donc normal que le nombre de blessés dans la station augmente également. Mais avec 30% de blessés supplémentaires par rapport à l'année précédente à Avoriaz, selon le Système national d'observation de la sécurité en montagne, on peut constater que la hausse du nombre de skieurs n'explique pas tout.

Une neige plus dure

Un autre paramètre a un impact sur les blessures: la qualité de la neige. Au 22 février, il n’avait pas neigé "de manière significative" depuis plus d’un mois sur les Alpes et sur les Pyrénées, notait alors Météo France sur son site.

Or, moins de neige signifie aussi un manteau plus "compact", décrit Maud Baud et à l'inverse, "quand la neige vient de tomber, elle est plus douce, plus molle".

Une neige plus dure entraîne donc des chutes plus douloureuses, mais elle est aussi plus glissante, ce qui cause une difficulté à maîtriser sa vitesse à ski. Résultat: le major Benjamin Valla des secours en montagne de la CRS Alpes dit à BFMTV être appelé depuis quelques semaines pour "de nombreux traumatismes crâniens".

Une "légère hausse" du nombre de blessés sur l'ensemble des stations

Les situations sont toutefois très différentes selon les stations, selon le Système national d'observation de la sécurité en montagne (Snosm), un dispositif relevant des ministères de l'Intérieur et du Sport. Les stations de basses altitudes qui "ont été fermées trois semaines, voire plus" voient logiquement une baisse de leur nombre de blessés. Celle-ci se répercute sur les stations plus hautes, comme La Plagne, Megève, et Avoriaz, explique à BFMTV.com Ludovic Richard, responsable du Snosm.

Ainsi, s'il est "trop tôt pour tirer des conclusions sur cette saison", le Snosm anticipe une "légère hausse" du nombre de blessés dans les stations françaises en fin de saison, de l'ordre de 1 à 5%.

Ces blessures viennent plutôt de "chutes solitaires, favorisées notamment par la neige dure, avec des blessures aux genoux, poignets ou épaules", relate Ludovic Richard.

La nouvelle norme pour le ski?

Ce type de phénomène est-il voué à se reproduire dans le futur en raison du réchauffement climatique lié aux activités humaines? Météo-France explique dans un article sur son site qu'il entraîne dans les stations de sports d'hiver "une réduction de l'enneigement naturel, à la fois en termes de quantité et de durée, tout particulièrement à basse et moyenne altitude" et "influe sur la température de l'air et donc sur la possibilité de produire de la neige de culture".

Pour Ludovic Richard, s'il est "difficile de dire" dès aujourd'hui que l'on va vers plus d'accidents, "c'est un risque" à considérer.