BFM

Grippe: pourquoi la HAS recommande-t-elle la vaccination des enfants âgés de 2 à 17 ans?

BFM Jules Fresard
Une fillette reçoit un vaccin contre la grippe au Paraguay, le 9 juin 2020.

Une fillette reçoit un vaccin contre la grippe au Paraguay, le 9 juin 2020. - NORBERTO DUARTE / AFP

Après un hiver marqué par de nombreux transferts de jeunes patients dans les services pédiatriques, l'autorité estime que vacciner les plus jeunes fera diminuer la pression sur les services hospitaliers.

Dans un communiqué publié ce jeudi, la Haute autorité de santé (HAS) a indiqué recommander la vaccination contre la grippe chez tous les enfants âgés de 2 à 17 ans. Une décision qui intervient alors que l'épidémie grippale reprend de la vigueur en France, après une relative accalmie en janvier. Actuellement, l'ensemble des régions métropolitaines, à l'exception de la Normandie et des Hauts-de-France, sont en phase épidémique.

La vaccination contre la grippe était jusqu'alors recommandée aux seules personnes de plus de 65 ans, celles présentant une comorbidité et les femmes enceintes. Un public que la HAS a donc décidé d'élargir, après avoir été saisie par la Direction générale de la santé. Mais comment l'autorité justifie-t-elle cette décision?

• Protéger les enfants

Vacciner les enfants contre la grippe revient d'abord à protéger ces derniers. Bien que la maladie présente surtout des risques chez les publics âgés, les enfants ne sont pas à l'abri de complications si l'on en croit les chiffres transmis ce jeudi par la HAS.

"Les enfants âgés de moins de 15 ans, et plus particulièrement ceux qui sont âgés de 2 à 5 ans, sont surreprésentés parmi les cas de syndrome grippal vus en consultation de médecine de ville", détaille l'autorité.

Les enfants de moins de 2 ans représentent 9% des malades qui consultent pour syndrome grippal, alors qu'ils ne pèsent que 2% dans la population générale. Pour les 2-5 ans, cette différence est encore plus importante: ils ne représentent que 5% de la population, mais 19% des consultations en médecine de ville.

Enfin, dans son dernier bulletin épidémiologique relatif à la grippe publié mercredi, Santé publique France notait "une forte augmentation du nombre de passages aux urgences pour grippe ou syndrome grippal et du nombre d'hospitalisations après passage; cette tendance était observée dans toutes les classes d’âge et particulièrement marquée chez les 15-44 ans (+93%)".

Les vaccins contre la grippe chez l'enfant disponibles en France sont au nombre de cinq, et "montrent une bonne efficacité et tolérance (...) contre la grippe chez les enfants de 2 à 17 ans", indique la HAS.

• Désengorger les services hospitaliers pédiatriques

Protéger les enfants contre la grippe permettra également de désengorger les services pédiatriques, assure la Haute autorité de santé, qui ont été mis à dure épreuve cet hiver. Faisant face à une triple épidémie - de grippe, mais aussi de Covid-19 et de bronchiolite - plusieurs hôpitaux se sont résignés à transférer dans un autre département plusieurs patients très jeunes en décembre.

"Cette vaccination permettrait d’alléger le poids de la grippe dans les services pédiatriques", indique la HAS.

D'autant que, comme pour la médecine de ville, les plus jeunes sont surreprésentés dans les passages aux urgences pour syndrome grippal. À titre d'exemple, les 2-5 ans représentent 23% des passages aux urgences pour syndrome grippal, alors qu'ils ne représentent que 5% de la population.

• Protéger les publics fragiles

Enfin, vacciner les enfants contre la grippe permettra de protéger leurs aînés.

"La HAS estime que cette vaccination chez les enfants de 2 à 17 ans – qui constituent le réservoir de la grippe - permettrait de limiter la diffusion de la maladie au sein de la population et des personnes âgées", souligne le communiqué.

Selon l'Institut Pasteur, les écoles font ainsi partie des lieux qui favorisent "la dissémination du virus de la grippe". Ce même argument avait déjà été mobilisé au plus fort de l'épidémie de Covid-19, pour justifier l'ouverture de la vaccination aux plus jeunes.

Pour généraliser la vaccination chez les plus jeunes, la Haute autorité de santé "souligne la nécessité du remboursement des vaccins contre la grippe saisonnière pour les enfants de 2 à 17 ans", et met en avant "une recommandation préférentielle pour le vaccin par voie intranasale", car plus simple à administrer chez les plus jeunes.