Grippe et variant K: l'épidémie progresse, le pic des contaminations attendu la semaine de Noël

L’épidémie de grippe qui sévit dans l’Hexagone devrait atteindre son pic la semaine du 22 décembre et devrait avoir un "fort impact" sur les hôpitaux pendant les vacances de Noël, selon des projections inédites publiées mercredi 17 décembre par Pasteur et Santé publique France (SpF).
Depuis quelques jours, l'épidémie de grippe saisonnière a accéléré dans l'Hexagone, où toutes les régions sont en alerte rouge, d'après Santé publique France. Le pic de l'épidémie grippale est, à ce stade, attendu autour des fêtes de Noël, avec "15% de chance qu'il ait lieu en semaine 51 [du 15 au 21 décembre], 70% en semaine 52 [du 22 au 28 décembre] et 12% en semaine 1 [du 29 décembre au 4 janvier], d'après les prévisions.
La faute notamment au "variant K", responsable d'une "super grippe" au Royaume-Uni ces dernières semaines. Ce variant est celui qui circule majoritairement en France selon les données de Santé publique France datées du 17 décembre. Il résulte d'une mutation, qui le rend plus difficile à reconnaître pour le système immunitaire humain, et facilite donc sa circulation.
Incertitude sur "l’ampleur du pic"
"Une grande incertitude" persiste toutefois "sur l’ampleur du pic", a précisé Juliette Paireau, qui travaille sur la modélisation mathématique des maladies infectieuses à Pasteur et à SpF, au cours d’une conférence de presse.
À quelques jours des fêtes, l'Institut Pasteur et Santé publique France ont communiqué leurs prévisions sur la dynamique de l’épidémie de grippe au niveau national et régional (hors Corse), à l’horizon de quatre semaines.
Leur modèle anticipe une croissance des passages aux urgences pour syndrome grippal dans les deux prochaines semaines, suivie d'une "décroissance" les deux premières semaines de l'année 2026. Elle s'expliquerait notamment par une baisse de transmission liée à la fermeture des écoles pendant les vacances de Noël.
Reprise possible de l’épidémie en 2026
Comme tout travail de modélisation, les prévisions de Pasteur et Santé publique France présentent certaines limites. La propagation de la grippe reste difficile à anticiper et la dynamique de l’épidémie peut changer rapidement.
"La performance du modèle peut être variable, a noté lors de la conférence de presse Juliette Paireau. Pour des saisons qui ressemblent au passé, le modèle est le plus performant; pour des saisons très différentes, le modèle aura plus de difficultés à anticiper la dynamique".
À ce stade, Pasteur et Santé publique France n'excluent pas la possibilité d'une reprise de l'épidémie après les vacances de Noël, comme observé l'an dernier ou même un peu plus tard comme en 2022-2023.
Si l'épidémie hivernale, portée jusqu'ici principalement par des virus de type A (H1N1 et H3N2), a démarré un peu précocement, la dynamique est jusqu'ici similaire à celle des saisons précédentes, 2023-2024 et 2022-2023, a souligné le Dr Coignard, directeur de la direction des maladies infectieuses à SpF.
En France, la saison 2024/2025 a été particulièrement sévère: plus de 17.000 morts, contre 9.000 à 10.000 en moyenne habituellement, 30.000 hospitalisations et une centaine de "plans blancs", dispositif permettant de déprogrammer des opérations ou de rappeler des personnels en congés.












