Faut-il avoir peur du moustique tigre?

Son nom effraie. Accolé à celui d'un prédateur, il n'a rien de rassurant… Pourtant, si l'Aedes albopictus a été baptisé moustique tigre, c'est davantage pour ses pattes rayées, de couleur noire et blanche. En outre-mer, on l'appelle même "moustique en pyjama", sans doute aussi parce qu'il sévit entre autres la nuit.
En France métropolitaine, l'insecte a été détecté pour la première fois il y a douze ans. Jusqu'à l'an dernier, il était présent dans 20 départements, essentiellement sur le pourtour méditerranéen. Mais en l'espace de douze mois, son invasion a explosé. Dix nouveaux départements français sont touchés. Le moustique a migré plus au nord, comme dans le Bas-Rhin ou dans le Val-de-Marne.

Un insecte robuste
L'Aedes albopictus s'avère très robuste. Contrairement à d'autres, sa biologie lui permet d'envahir les zones tempérées.
"Ses œufs survivent aux basses températures et également à la sécheresse", souligne Anna-Bella Failloux, responsable de l'unité Arbovirus et Insectes Vecteurs à l'institut Pasteur.
Sa résistance est donc un atout pour sa propagation. Venu d'Amérique, il conquit désormais l'Europe depuis les années 90 avec les maladies dont il est porteur, à l'instar de la dengue, du chikungunya, de la fièvre jaune et désormais du zika.
Des conditions propices en été
La saison estivale est la plus propice pour l'ascension de l'Aedes albopictus. Et le climat est particulièrement favorable à l'expansion du moustique cette année en France: il fait chaud et humide.
"Il y a eu des inondations, il y a donc des contenants d'eau et les moustiques adorent ce genre de petits gites où ils vont pondre et proliférer", explique Anna-Bella Failloux.
Autre facteur: les vacances. La mobilité des personnes s'accrue en été, notamment vers le sud de la France, à une période où le moustique tigre est présent en densité importante. Cela multiplie donc les risques de contagion. Un sud-américain porteur du zika peut par exemple se faire piquer sur la côte d'Azur. Le moustique contaminé peut alors transmettre le virus à un autochtone, sans que ce dernier ait quitté le territoire.
"On peut donc redouter des cas sporadiques mais pas une flambée épidémique comme au Brésil", conclut la directrice de recherche.
Comment lutter?
Les répulsifs sont évidemment un bon moyen de se protéger des piqûres. "Mais de manière raisonnée et raisonnable", prévient Anna-Bella Failloux, pour ne pas non plus affecter d'autres insectes indispensables, comme les abeilles.
En plus des spirales et des moustiquaires, Bruno Lagabbe, fondateur d'antimoustic.com, a une nouvelle technique imparable: le piège à moustiques. L'appareil génère artificiellement des panaches d'air imitant une odeur de transpiration humaine. Les moustiques tigres sont attirés par ces stimuli et avec l'utilisation du même ventilateur, sont aspirés dans un sac de capture où ils se déshydratent et meurent.












