Face au protocole sanitaire à l'école, le quotidien infernal des directeurs d'établissements

Chaque matin, lors de l'accueil des élèves, c'est le même rituel. Natacha Bas vérifie un à un les tests des enfants qui se présentent. Depuis l'annonce de l'allègement du protocole sanitaire dans les écoles, pour chaque cas positif détecté dans une classe, chaque élève doit effectuer trois autotests en quatre jours (à J0, J+2 et J+4). De quoi rajouter une surcharge au quotidien déjà bien rempli d'une directrice d'école.
Dans son école privée de Lille (Nord), Natacha Bas doit aussi inlassablement réexpliquer les consignes aux parents, parfois désarçonnés face au protocole et à ses nombreuses évolutions. Tout cela sans délaisser les tracas quotidiens habituels et son travail d'enseignante.
Manque de personnel
"C'est nous qui imprimons les documents, qui les faisons signer aux parents, qui récupérons les documents et qui les envoyons aux laboratoires", soupire-t-elle, alors qu'un des nombreux coups de téléphone qu'elle reçoit l'interrompt.
Dans cet établissement, deux classes sur six sont actuellement fermées, faute d'enseignants. En plus de gérer les maladies des enfants, il faut ainsi également s'occuper de celles des collègues. Et cela implique donc de veiller à ce que les cours soient bien envoyés aux enfants qui se retrouvent isolés ou chez eux, afin d'assurer la continuité pédagogique.
Jeudi noir de grève
Un manque de personnel qui touche également la cantine de l'établissement. Conséquence, Natacha Bas doit s'occuper elle-même de mettre les plats du jour au four pour les élèves.
Pour la première fois de sa vie, Natacha Bas va soutenir la grève des enseignants de ce jeudi. Une journée "noire" qui devrait être suivie par trois enseignants sur quatre au niveau national, selon le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire











