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Don du sang: nouvel appel à la grève dans les établissements français du sang

BFM Salomé Vincendon , Journaliste BFMTV
Une personne donne son sang, le 21 janvier 2021 à Toulouse

Une personne donne son sang, le 21 janvier 2021 à Toulouse - GEORGES GOBET

Selon les syndicats de l'EFS, la baisse des dons de ces dernières semaines est en partie due à un manque de personnel. Ils réclament une revalorisation salariale et l'arrêt des suppressions d'effectifs.

Plusieurs syndicats ont, à nouveau, lancé un appel à la grève des personnels de l'Établissement Français du Sang pour cette semaine, du 2 au 5 novembre. Une journée de grève avait déjà eu lieu le 21 octobre dernier.

"Les personnels de l’EFS et les organisations syndicales représentatives nationales (CFDT, FO et SNTS-CFE-CGC), tirent la sonnette d’alarme", écrivent les syndicats dans une pétition lancée le 20 octobre dernier.

"L’EFS n’arrive plus à recruter, n’arrive plus à fidéliser son personnel"

L'Établissement français du sang alerte depuis plusieurs semaines sur le niveau très bas de leurs réserves, avec une baisse des dons, et appelle les Français à venir donner leur sang. La pandémie de Covid-19 est en partie responsable de cette diminution car "des collectes n'ont pas pu se tenir de la manière habituelle pendant les 18 derniers mois, et donc on a perdu des milliers de dons", expliquait sur BFMTV début octobre Hervé Meinrad, directeur de la collecte et de la production à l'EFS.

Mais pour les syndicats, cette baisse des dons est également due à un manque de personnel.

"Suite à la non-application du SEGUR-santé à l’EFS (seul établissement public de santé d’importance vitale 'oublié' par l’État) et à la politique de diminution d’effectifs mise en place depuis des années, l’EFS n’arrive plus à recruter, n’arrive plus à fidéliser son personnel", écrivent les syndicats, selon qui plus de 300 postes manquent au niveau national.

En conséquence, des collectes sont "annulées toutes les semaines, analyses biologiques transférées de site en site, fermetures de sites de collectes… La pandémie n’est pas seule responsable", écrivent-ils dans la pétition, déclarant que ces dernières semaines, les stocks de sang sont descendus "en dessous des seuils critiques" avec "75.000 poches de sang pour un besoin de 100.000 poches". "Jamais une telle situation ne s’est produite depuis la création de l’EFS", assurent-ils.

Revalorisation des salaires et arrêt des suppressions d'effectifs

Les syndicats rapportent ainsi que des collectes ont dû être annulées faute de personnel. "C’est la deuxième collecte qui est annulée de l’année. D’ordinaire, nous faisons 6 collectes à Arinthod (Jura), autant à Orgelet (Jura). On nous a dit qu’il manque 8 à 10 infirmières", rapportait fin octobre au site Actu le président de l’Amicale donneurs de sang d’Arinthod Orgelet, Jacques Ravier.

Dans son préavis de grève, la CFDT réclame ainsi "une revalorisation salariale de l'ensemble des professionnel.le.s au moins à hauteur de l'accord du Ségur de la Santé". Lors de ces discussions le gouvernement s'est, entre autres, engagé sur "8,2 milliards d’euros par an pour revaloriser les métiers des établissements de santé et des EHPAD, et reconnaître l’engagement des soignants au service de la santé des Français", mais les représentants de l'EFS se disent exclus d'une partie de ces mesures.

Le syndicat réclame également "l'arrêt des suppressions d'effectifs et la mise en adéquation de ceux-ci avec la nécessité d'assurer la qualité de la prise en charge des donneurs/patients", et "le respect de la législation sur le temps de travail contribuant à l'amélioration des conditions de travail de l'ensemble du personnel".