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Des chercheurs français affirment comprendre pourquoi certains n'arrivent pas à arrêter de fumer

BFM Cyrielle Cabot
Le gouvernement veut lutter contre la pollution par les mégots.

Le gouvernement veut lutter contre la pollution par les mégots. - Joel Saget - AFP

Une mutation génétique présente chez certains fumeurs expliquerait pourquoi certains n'arrivent pas à arrêter de fumer.

Pourquoi certaines personnes sont plus attirées que d'autres par la cigarette? Pourquoi certains ont plus de mal que d'autres à arrêter de fumer? Une équipe de chercheurs français affirme, dans le magazine Current Biology, avoir trouvé la réponse à ces questions, selon une information repérée par Slate. Tout serait la faute d'une mutation génétique. 

Le tabac provoque chaque année la mort de 80.000 personnes en France et de 7 millions dans le monde. C'est la nicotine, principal composé psychoactif du tabac, qui provoque l'addiction. La substance se fixe sur des récepteurs nicotiniques dans le cerveau, stimulant ainsi "le circuit de la récompense" et apportant au fumeur une sensation de bien être.

Une mutation génétique

Ces récepteurs nicotiniques sont divisés en cinq unités: α1, α2, α3, α4 et α5. Et c'est une mutation sur un gène codant pour l'unité α5 qui expliquerait pourquoi certains seraient plus attirés par le tabac que d'autres. 35% des Européens en seraient porteurs.

L'équipe de Benoît Forget et d'Uwe Maskos de l'Institut Pasteur de Paris et du CNRS ont décidé de pousser plus loin les recherches sur cette mutation génétique. Ils l'ont introduit au sein du génome de rats de laboratoire. Ils ont ainsi pu observer que la présence de la mutation génétique entraîne une plus grosse consommation de nicotine mais aussi une rechute plus importante après sevrage.

Une piste pour un médicament "anti-rechute"?

Ces tests leur ont permis de découvrir que la mutation génétique provoquerait une réduction de l'activation des neurones dans une zone spécifique du cerveau, le "noyau interpédonculaire". C'est dans cette structure cérébrale que se trouve le plus forte concentration en récepteurs nicotiniques α5. Et c'est ce manque d'activation qui provoquerait la sensation de manque.

Ces résultats apportent ainsi une piste de traitement pour aider à l'arrêt du tabac. "Ces résultats suggèrent qu’un médicament capable d’augmenter l’activité des récepteurs nicotiniques dans le noyau interpédonculaire pourrait permettre de réduire la consommation de tabac et le risque de rechute après sevrage", concluent Benoit Forget et Uwe Maskos. Une solution qui ne prend néanmoins pas en compte l'important pourcentage de la population qui ne possède pas cette mutation génétique.