Dépression saisonnière: comment faire face au "petit coup de blues" de l'hiver

(Image d'illustration) - -
Malgré la douceur de ces derniers jours dans certaines régions, l'hiver s'installe progressivement partout en France, avec un soleil qui se couche de plus en plus tôt.
Conséquence: s'installe parfois un "petit coup de blues", comme l'explique à BFMTV le professeur Pierre Philippe, chef de service universitaire de médecine du sommeil au CHU de Bordeaux, chercheur au CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et auteur d'Antidéprime aux éditions Albin Michelet.
Sport, nutrition et sommeil comme armes anti-blues
"L'hiver, les conditions sont plus difficiles. Les contacts sociaux sont plus limités parce que sortir, c'est compliqué. Il y a tout un environnement qui joue aussi beaucoup sur votre humeur", explique-t-il.
Rien d'alarmant pour Pierre Philippe: "le message important, c'est de dire qu'on a le droit d'avoir une baisse de régime. C'est normal et vous allez remonter. Par contre, faîtes attention (...) l'auto-évaluation, c'est très important". Le chercheur pointe le rôle néfaste des réseaux sociaux "où on dit qu'il faut être 365 jours au top".
Le professeur note que "la déprime saisonnière n'est pas forcément un bon terme". "En fait, notre humeur fluctue tout au long de l'année. Le printemps, qui est a priori le moment (...) où tout va bien, c'est là où il y a plus grand taux de suicide", pointe Pierre Philippe.
Pour lui, il existe trois piliers sur lesquels se reposer pour passer au mieux l'hiver: l'activité physique, la nutrition et le sommeil.
"Sur l'activité physique, il y a un phénomène très intéressant. Des périodes très courtes, c'est-à-dire cinq minutes par jour, ça va avoir un effet antidépresseur. Remettre en route une activité physique très modérée, ça va avoir un effet thérapeutique et pas que préventif", détaille-t-il.
Concernant le sommeil, le professeur note l'importance de la "régularité", privilégiant la même heure de lever en semaine et en week-end. "On a montré que c'était un élément majeur de prévention des troubles d'humeur", justifie le professeur.
Même si une activité sportive, une bonne nutrition et un sommeil régulier peuvent aider, la dépression peut tout de même pointer son nez et répond à des "symptômes codifiés". "Le premier point qu'on connaît tous, c'est la perte de sommeil. Si vous commencez à perdre votre sommeil, il y a un facteur de risque très identifié. Le deuxième élément majeur, c'est l'anxiété. Le troisième élément, c'est la confusion entre la somnolence, la fatigue et la dépression", liste Pierre Philippe.
Le professeur se veut tout de même rassurant. "La bonne nouvelle, c'est qu'on a de plus en plus d'armes thérapeutiques pour en guérir. Et surtout, il y a un pourcentage très important de gens qui ont des comportements améliorables", comme la sédentarité, l'irrégularité du sommeil ou une consommation élevée d'alcool.
Concernant la prise de médicaments, Pierre Philippe note "que s'ils ne sont pas accompagnés par une psychothérapie ou par une prise de conscience de l'entourage, ça marchera, mais dans un effet relativement modéré", d'où l'importance "d'avoir une vision intégrative de votre santé mentale."












