Crise cardiaque, AVC... Une étude suggère un outil de mesure du risque cardiovasculaire

Un pas de plus vers la prévention du risque cardiovasculaire? Une étude publiée ce mardi 16 avril dans la revue eBioMedicine suggère un nouvel outil pour détecter le risque de survenue des maladies du cœur et des artères.
Responsables de plus de 140.000 décès par an, les maladies cardiovasculaires sont la seconde cause de décès la plus répandue en France, derrière les cancers, selon le site du ministère de la Santé. Elles peuvent entraîner des complications comme l'infarctus du myocarde, l'accident vasculaire cérébral ou l'insuffisance cardiaque, principalement dues au blocage d’une artère empêchant le sang de parvenir au cœur ou au cerveau.
Un nouveau moyen de détecter le risque?
La probabilité de développer une maladie ou un accident cardiovasculaire peut être mesurée en fonction des différents facteurs de risques d'une personne (âge, sexe, antécédents familiaux, tabagisme...). L'étude présentée ce mercredi par l'Inserm, institut de recherche médicale, avance que l'examen de la rigidité artérielle permettrait de détecter ce risque.
Des chercheurs et des chercheuses de l’Inserm, de l’Université de Lorraine et du CHRU de Nancy ont voulu déterminer si le CAVI (Cardio Ankle Vascular Index ou Indice vasculaire cardio/cheville), un outil de mesure de la rigidité artérielle, pouvait servir à détecter le risque cardiovasculaire. Le CAVI se mesure avec deux brassards autour de chaque bras, deux autres sur les chevilles et un microphone sur le cœur.
Un outil "rapide et non invasif"
Pour cela, les scientifiques ont suivi 1.250 personnes originaires de 18 pays européens et âgées de plus de 40 ans. Elles ont "renseigné leurs antécédents médicaux et ont passé un examen physique incluant une évaluation de leur rigidité artérielle grâce à l’outil de mesure CAVI", explique l'Inserm dans un communiqué. Ces personnes ont ensuite été convoquées pour un examen de suivi deux ans après et certaines en ont eu un autre cinq ans après la première mesure.
Résultat: à chaque hausse de 10% de la rigidité artérielle, le risque de connaître un événement cardiovasculaire dans les années suivant la mesure augmentait de 25%. Ce qui confirme les conclusions d'autres études: la rigidité artérielle favorise le risque cardiovasculaire. La détecter grâce au CAVI permettrait donc d'anticiper ce risque.
"Nos résultats suggèrent que l’indice CAVI pourrait être un outil de mesure de prédiction du risque cardiovasculaire, facile, rapide et non invasif. Son recours pourrait figurer à l’avenir parmi la liste des examens recommandés en clinique pour prédire le risque cardiovasculaire d’une personne et lui apporter un suivi préventif", affirme le cardiologue Magnus Bäck, premier auteur de l’étude, cité dans le communiqué de l'Inserm.
La rigidité artérielle augmente avec l'âge
La rigidité artérielle augmente avec l'âge et la pression artérielle, selon cette étude. Mais les chercheurs ont constaté que "les traitements pour le cholestérol ou le diabète avaient un effet sur le taux de progression de la rigidité artérielle": ils pourraient la ralentir.
La probabilité d’avoir un accident cardiovasculaire ou cardiaque est plus élevée après 50 ans chez l’homme et après 60 ans chez la femme, chez les personnes dont un parent proche a eu une maladie cardiovasculaire à un âge précoce, avec le tabagisme, le diabète, le cholestérol ou encore l'hypertension artérielle, selon le site de l'Assurance maladie.












