Covid-19: un médecin refuse les patients non vaccinés et non testés, l'ordre réagit

Dans le cabinet d’un médecin généraliste (photo d'illustration). - Philippe Huguen - AFP
La pression de certains médecins sur les non-vaccinés se fait sentir. Après qu'un médecin avait appelé le 9 janvier dans une tribune à sanctionner les non-vaccinés et que le directeur général de l'AP-HP avait posé la question jeudi d'une non prise en charge des frais de soins des patients non-vaccinés à l'hôpital, un généraliste installé à Châlons-en-Champagne, dans la Marne, a décidé de ne plus recevoir à son cabinet les patients non vaccinés et qui n'ont pas été testés négatif dans les dernières 24 heures, rapporte L'Union dans un article mis en ligne jeudi.
"Ce n'est pas un refus de soins. C'est un refus de faire courir un risque à mes patients", assure-t-il auprès du journal local.
"Evidemment, je ne peux pas refuser de soigner quelqu'un si sa vie est en danger", c'est-à-dire quel que soit son statut vaccinal et le résultat de son éventuel test au Covid-19, rappelle-t-il cependant.
Une décision condamnée, mais pas sanctionnée
Cette décision, contraire à celle des autorités de santé, a été condamnée par le conseil de l'ordre des médecins de la Marne.
"Le choix de ce médecin n'est pas conforme à ce qui est prôné par le conseil de l'ordre et les recommandations des autorités sanitaires", rappelle Jacques Lorentz, président du conseil départemental de l'ordre des médecins.
De fait, l'ordre des médecins avait fait part de son inquiétude lors de l'entrée en vigueur du pass sanitaire en août dernier, devenu obligatoire notamment pour entrer dans les établissements de santé, sociaux et médico-sociaux. L'ordre s'était dit préoccupé à l'égard d'une disposition "qui ne doit pas priver les patients de soins".
Le médecin châlonnais n'est pourtant pas en tort. Car si le pass sanitaire, remplacé aujourd'hui par le pass vaccinal, est bien devenu nécessaire pour entrer à l'hôpital, à l'exception des cas les plus urgents, la médecine générale ne fait pas partie de ces cas particuliers. C'est ce qu'indique l'article 47 du code de la santé publique.
"Hors le cas d'urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d'humanité, un médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles", précise l'article.
Il ajoute cependant que "quelles que soient les circonstances, la continuité des soins aux malades doit être assurée" et donc qu'en cas de refus de prise en charge, un médecin "doit alors en avertir le patient et transmettre au médecin désigné par celui-ci les informations utiles à la poursuite des soins". Le conseil de l'ordre n'envisage d'ailleurs pas d'adresser de sanction à l'égard du docteur Mercier.
Un autre cas en Franche-Comté
Du côté du cabinet du docteur Mercier, on assure que la décision ne fait pas fuir les patients, bien au contraire.
"Pas mal de nos patients nous disent être rassurés par ce choix. Hors réseaux sociaux, une seule réaction hostile a été recensée", se défend-on.
Un autre cas de médecin refusant les patients non vaccinés pour protéger ses patients fragiles a été recensé en décembre dernier, cette fois en Bourgogne-Franche-Comté. Le docteur avait affiché un message dans sa salle d'attente indiquant que "les patients non vaccinés ne sont plus autorisés à rentrer dans le cabinet (sauf urgence absolue)".
Le médecin en question a cependant assuré auprès de 20 Minutes avoir retiré l'affichette au bout de deux jours après avoir reçu un appel du Conseil de l'ordre des médecins.











