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Covid-19: selon une étude, l'immunité conférée par les vaccins à ARN est longue

BFM Hugo Septier , Journaliste BFMTV
Une infirmière prépare une dose de vaccin Pfizer-BioNTech à Bogota (Colombie), le 4 juin 2021

Une infirmière prépare une dose de vaccin Pfizer-BioNTech à Bogota (Colombie), le 4 juin 2021 - Juan BARRETO © 2019 AFP

Les travaux ont prouvé que ces vaccins prolongeaient la production de cellules B, utilisées par l'organisme pour sa défense naturelle.

La durée de protection des vaccins ARN Messager pourrait être bien plus longue que prévue. Selon une récente étude américaine réalisée par des chercheurs de l'Université de Washington et dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature, l'immunité pourrait dans certains cas excéder plusieurs années, et des patients déjà contaminés par le coronavirus pourraient ne jamais avoir besoin d'un rappel du vaccin si les variants n'évoluent pas outre-mesure.

Centre germinatif et cellule B

Pour ces travaux, les chercheurs se sont intéressés à des patients qui ont reçu une dose de vaccin, Pfizer ou Moderna, qui utilisent la technologie ARN, après avoir été contaminés par le Covid-19 ou non.

En s'appuyant sur de plus anciens travaux qui indiquaient que les cellules immunitaires pouvaient rester jusqu'à huit mois dans un corps humain, il a finalement été découvert que l'immunité pouvait durer des années voire toute une vie chez les personnes contaminées puis vaccinées. En revanche, les résultats ne sont pas encore clairs en ce qui concerne les personnes uniquement vaccinées et pas contaminées.

Comme le précise de son côté le New York Times, après une contamination ou une vaccination, se met en place un centre germinatif qui est censé produire des cellules B, des globules blancs spécifiques censés participer aux défenses naturelles de l'organisme. Or, les chercheurs ont découvert que ces globules survivaient bien plus longtemps avec la vaccination chez les personnes déjà contaminées.

Immunité plus longue

En temps normal, au bout de plusieurs semaines, ces centres germinatifs se tarissent. Or, après vaccination, ce dernier était toujours très actif au terme de 15 semaines chez 14 participants à l'étude contaminés au préalable. Chez eux, le nombre de cellules B qui reconnaissent le coronavirus n'avait pas baissé.

"Le fait que les réactions se soient poursuivies pendant près de quatre mois après la vaccination - c'est un très, très bon signe", estime auprès du média américain le docteur Ali Ellebedy, immunologiste en charge des travaux. "Habituellement, au bout de quatre à six semaines, il ne reste plus grand-chose", ajoute de son côté Deepta Bhattacharya, immunologiste à l'Université de l'Arizona.

Ainsi, ces résultats soulignent que les personnes vaccinées seront protégées durant une très longue durée, du moins contre les variants qui existent sous la forme actuelle, ce qui n'exclut pas un possible rappel à moyen ou court terme. En revanche, certains patients, dont les personnes âgées ou les immunodépressifs, pourraient quant à eux avoir besoin d'un rappel du vaccin. Finalement, en ce qui concerne les personnes déjà contaminées, elles pourraient ne jamais avoir besoin de rappels.