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Covid-19: doit-on s'attendre à une hausse des contaminations après les fêtes?

BFM Clément Boutin , Journaliste BFMTV
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Les restrictions liées au confinement, qui devraient être allégées pour les fêtes de fin d'année, font craindre une augmentation des contaminations, similaire à celle de la rentrée, avec les regroupements familiaux et amicaux.

Une nouvelle hausse des contaminations est-elle à craindre après les fêtes? Mardi soir, lors de son allocution télévisée, Emmanuel Macron a annoncé que le confinement pourra être levé le 15 décembre, si le nombre de personnes testées positives au Covid-19 atteint les 5000 par jours. Un couvre-feu national, de 21 à 7 heures, sera ensuite mis en place mais ne s'appliquera pas les 24 et 31 décembre, a promis le chef de l'Etat.

Alors que les indicateurs s'améliorent depuis plusieurs semaines, le gouvernement souhaite être prudent avec une levée progressive des restrictions. La crainte d'une hausse des cas après les fêtes est présente, cette période de l'année favorisant les regroupements familiaux et amicaux. Jean Castex a ainsi souligné jeudi, lors d'une conférence de presse, que l'on ne pourra pas fêter Noël et le Nouvel an "comme les années précédentes".

"La littérature scientifique et notre propre expérience, notamment des vacances d’été, ont montré que ces moments de rassemblements, festifs et amicaux, où l’on baisse la garde, où l’on porte moins le masque, sont particulièrement risqués. Il est donc impératif que vous limitiez le nombre de personnes à table et évitiez les rassemblements trop nombreux. Nous préciserons, avec le ministre des Solidarités et de la Santé, avant les fêtes, les recommandations concrètes que nous vous adresserons", a-t-il affirmé lors de son point de situation.

"Il est normal de craindre une vague de contaminations"

Pour le médecin Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV, les chiffres des contaminations vont évidemment "un peu remonter".

"En janvier ce ne sera pas forcément une vague, mais ça va un petit peu frémir. Ce ne serait pas surprenant que les contaminations augmentent un peu. Il faut cependant que ça reste sous contrôle. C'est pour ça qu'on revient à ce chiffe de 5000 contaminations par jour, parce que ça permet logiquement de remonter les chaînes de contaminations", a-t-il expliqué jeudi sur notre antenne.

Le Dr Jean-Louis Bensoussan, médecin généraliste et membre du syndicat MG France, interrogé par 20 Minutes, est du même avis. "Il est normal de craindre une vague de contaminations après une période de relâchement comme celle que représentent les fêtes de fin d’année", a-t-il indiqué, comparant la période à celle de l'été.

"On en a fait l’expérience en juillet et en août, les mesures barrières, et en premier lieu la distanciation physique, ont été nettement moins respectées, et inéluctablement, on a observé une flambée des contaminations dès septembre, qui a mené à la seconde vague et au reconfinement. C’est donc normal que le chef du gouvernement mette en avant les risques. Car c’est évident qu’au Nouvel an, ils sont importants: on est plus nombreux, donc on va avoir envie de s’embrasser pour se souhaiter la bonne année", a-t-il souligné auprès du quotidien. 

Un relâchement à la fin de l'année inquiète les instances internationales. En début de semaine, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a ainsi jugé que "la meilleure option" en ces temps de pandémie est, sans doute, "de ne pas avoir de réunion de famille". La visioconférence a alors été présentée comme l'une des solutions pour éviter les importants regroupements.