Coronavirus: la France est-elle prête en cas de deuxième vague?

Sans traitement ni vaccin, la lutte contre le coronavirus repose principalement pour l'instant sur le respect des gestes barrières. La crainte d'une seconde vague après l'été est dans tous les esprits: la multiplication des clusters en Mayenne, tout comme la situation en Guyane suscitent notamment de vives inquiétudes. Mais la France est bien mieux équipée que cet hiver, assurent les autorités sanitaires.
Testage massif
Actuellement, environ "250.000 tests sont faits par semaine par les secteurs public et privé", précise à l’Agence France-Presse (AFP) François Blanchecotte, le président du Syndicat des biologistes. Avec cette campagne massive de tests, l'objectif est de détecter toutes les personnes asymptomatiques. "L'intérêt des dépistages massifs est d'arriver à détecter ces chaînes de contaminations invisibles avant même qu'elles ne se développent. Et à un moment où on peut encore les contrôler", insiste auprès de Franceinfo Anne-Calude Crémieux, professeur en maladies infectieuses (AP-HP).
Les leçons des ratés du début d'année semblent avoir été tirées par les autorités puisque les hôpitaux et centre médico-sociaux sont désormais mieux équipés. Les hôpitaux et les médecins sont en train de remettre leurs stocks à niveau: masques, surblouses, lunettes de protection, gants, médicaments specifiques à la réanimation, anesthésiant, paralysant, anti-douleur. Tout ce qui a cruellement manqué au plus dur de la crise est désormais rationné.
10 semaines de stocks de masques par entreprise
La France a désormais une capacité de production de 500 millions de masques par semaine et les entreprises ont désormais l'obligation d'avoir dix semaines de stocks de masques pour leurs salariés en prévision d'une nouvelle crise épidémique.
"Nous préparons la rentrée et il y a un risque de re-circulation du virus (...), et nous demanderons aux entreprises de prévoir 10 semaines de stocks de masques, avec un petit rappel du fait que nous avons désormais des producteurs français", a expliqué début juillet Agnès Pannier-Runacher, devenue entre-temps ministre déléguée auprès du ministre de l'Economie, lors d'une audition par la délégation aux entreprises du Sénat.
Au plus fort de la crise, plusieurs services de réanimation se sont retrouvés saturés, notamment dans le Grand-Est, l'une des régions les plus touchées par l'épidémie. Là encore, les places ont été augmentées sur tout le territoire. Il y en avait 5000 avant l'épidémie, 10.000 au pic et la France en compte désormais 12.000 sur l'ensemble de ses hôpitaux, selon le ministère de la Santé.
21 essais cliniques
Enfin, plusieurs essais cliniques sont en cours. Dans son dernier point daté du 6 juillet, l'OMS recense 21 "candidats vaccins" évalués dans des essais cliniques sur l'homme à travers le monde. Le tiers de ces essais est fait en Chine. La plupart des essais actuels en sont encore au stade appelé phase 1, qui vise avant tout à évaluer la sécurité du produit, voire en phase 2 (où on peut déjà explorer la question de l'efficacité). L'un des essais est effectué par l'équipe du professeur d'immunologie à l'hôpital universitaire de Marseille, Eric Vivier.
"Ce qu'on a essayé de faire est de repositionner un médicament qui existe déjà, qui est capable de bloquer cette molécule, un anticorps développé contre le cancer donc rien à voir avec la Covid-19 et ça nous a permis d'ouvrir un essai clinique qui est encore en cours", explique-t-il à BFMTV.
L'objectif du gouvernement est d'éviter à tout prix un reconfinement de la population.
"La France est prête à empêcher une seconde vague. Ca augmente dans beaucoup de pays proches de nous et ce n'est pas le cas en France. (...) Le virus continue d'être maîtrisé, au prix d'efforts considérables de l'Assurance maladie, des Agences Régionales de Santé, des médecins, des pompiers mobilisés sur le territoire", a réaffirmé Olivier Véran sur notre antenne vendredi.











