Coronavirus: l'inquiétude des femmes enceintes en confinement

Elles ne constituent pas à proprement parler une population à risque, mais l'arrivée du coronavirus a bouleversé le quotidien des femmes enceintes. Entre téléconsultation et stress d'un accouchement prématuré, elles s'adaptent à cette situation inédite, tout comme les hôpitaux, qui assurent un service d'accueil dédié aux futures mères, même en période de crise.
"J'essaye d'adopter la zen attitude"
"Pour ma première grossesse, j'étais hospitalisée pendant l'attentat de Strasbourg, cette fois-ci, c'est le coronavirus... J'aurai vécu tous les scénarios catastrophe de Strasbourg", ironise auprès de l'Agence France Presse Elodie, 34 ans, alors qu'elle vit une grossesse à risques en pleine crise sanitaire.
Comme elle, de nombreuses femmes enceintes suivent au jour le jour l'évolution de l'épidémie de coronavirus et des mesures pour l'endiguer. Tandis qu'Elodie est restée dans son logement, Marie, enceinte de 7 mois, s'est réfugiée en Bretagne avec ses parents et sa fille, pendant que le futur papa est resté travailler à Paris:
"J'essaye vraiment de ne pas me stresser car je sais que ça peut être le déclencheur d'un accouchement prématuré. J'essaye d'adopter la zen attitude et de profiter de la chance que j'ai d'être au grand air", confit-elle à BFMTV.
"Nous prenons notre température tous les soirs"
Si elles semblent toutes rassurées quant au risque de transmission du virus à leur bébé, elles prennent le maximum de précautions pour ne pas tomber malades elles-mêmes, car la grossesse les rend plus vulnérables aux infections virales respiratoires.
"Ce qui m'inquiète si je devais attraper le coronavirus, c'est le risque d'accouchement prématuré à cause de la fièvre", explique à l'AFP Marine Marre, 29 ans, habitant à Mulhouse. "Depuis lundi, mon mari et moi prenons notre température tous les soirs".
Dans un communiqué, le Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (SNGOF) recommande aux femmes enceintes de "décaler les examens simples" mais de "maintenir les trois échographies de grossesse".
Visioconférence et circuit séparé
Séances de préparation à l'accouchement par visioconférence, rendez-vous avec l'anesthésiste remplacé par une discussion téléphonique, visite de la maternité annulée: de leur côté, les professionnels de la naissance ont pris de nombreuses mesures pour limiter les contacts, tout en maintenant les examens essentiels.
"Il y a une application sur laquelle il y a tous mes résultats en temps réel. Dans une semaine je prendrai la décision de savoir si je rentre à Paris faire ma troisième échographie", ajoute Marie.
Elie Azria, chef du service d'obstétrique de la maternité Notre-Dame de Bon Secours confirme à BFMTV qu'un "gros travail d'organisation" a été entrepris dans les hôpitaux:
"Se préparer à pouvoir accueillir des femmes suspectes d'infections ou avec une infection avérée et de faire en sorte que le circuit de ces femmes ne croisent pas celui de celles qui ne sont pas affectées", précise-t-il.
Isolement
"C'est un premier bébé, je ne sais pas comment me préparer seule", confie Karin, une Strasbourgeoise de 32 ans qui doit accoucher dans six semaines. De nombreux témoignages expriment surtout une inquiétude de se retrouver isolées quand elles pensaient être entourées de toutes les attentions. "Les patientes doivent venir seule au cabinet", confirme d'ailleurs dans son communiqué le SNGOF.
Les interactions sont réduites au minimum avec les familles, en particulier les enfants, à qui l'entrée du bâtiment est interdite. Pour le jour de l'accouchement, certains hôpitaux autorisent la présence du père dans la salle, mais seulement s'il ne présente aucun symptôme. Aucun autre accompagnant n'est en revanche autorisé.











