Comment prédire plus précisément la date d'un accouchement? Une équipe de chercheurs pense avoir la réponse

Une femme enceinte (illustration) - Anthony WALLACE © 2019 AFP
Il peut survenir plusieurs semaines avant le terme, ou quelques semaines après. La date précise de l'accouchement d'une femme est loin d'être facile à établir et il arrive bien souvent que le déclenchement du travail se fasse avant ou après la date définie en début de grossesse.
Une inconnue sur laquelle travaille une équipe franco-américaine de chercheurs de l'université de Stanford en Californie (États-Unis). Ces derniers ont publié la semaine dernière une étude parue dans la revue spécialisée Science Translational Medecine dans laquelle ils indiquent pouvoir être en mesure de mieux définir la date, ou du moins la fenêtre au cours de laquelle une femme enceinte accouchera.
Une étude menée sur une soixantaine de femmes
La date d'accouchement est habituellement estimée en s'appuyant sur celle des dernières règles ainsi que sur la croissance du fœtus observée sur échographie. Ici, les chercheurs ont effectué plusieurs fois des prises de sang sur un groupe de 63 femmes dans les 100 jours précédant la date présumée d'accouchement.
En analysant celles-ci, l'équipe franco-américaine a notamment constaté des changement biologiques importants, à savoir une augmentation des stéroïdes dérivés de la progestérone à mesure que l'accouchement approchait. Autre donnée importante: une forte concentration d'une molécule inhibitrice de protéines inflammatoires - l'IL1R4 - qui augmente deux à quatre semaines avant l'accouchement.
Une augmentation pour prévenir toute réaction inflammatoire qui coïncideraite selon Brice Gaudillière, directeur de recherche à Stanford et auteur principal de l'étude, avec une réaction locale au niveau du placenta.
Une fourchette de moins de deux semaines
En s'appuyant sur leurs calculs, les chercheurs sont parvenus à donner une fenêtre de prédiction de moins de deux semaines, la date d'accouchement se situant habituellement dans une fourchette de cinq semaines. De là à bientôt pouvoir donner le jour exact du terme de la grossesse pour chaque femme enceinte? "On n'en est pas trop loin, d'ici deux à trois ans peut-être", répond Brice Gaudillière, dans des propos rapportés dans la revue Sciences et Avenir.
"Concrètement, il s'agirait d'une prise de sang au deuxième puis au troisième trimestre, qu'il faudrait combiner avec l'estimation clinique et échographique du temps de gestation", poursuit le professeur d'anesthésie.
Une méthode de calcul qui, à terme, pourra également prévenir les risques d'accouchement prématuré ou encore de déclencher celui-ci - lorsque c'est nécessaire - dans les meilleures conditions possibles.











