Cancer : les Français fatalistes face à la maladie

Faire attention à sa consommation d'alcool et de tabac et manger sainement pourrait permetre de réduire de 40% les cas de cancers. - -
Le cancer nous tombera forcément dessus, un jour ou l’autre. D’après une enquête Ipsos pour la Fondation ARC pour la prévention des cancers, c’est du moins ce que pensent encore la majorité des Français, fatalistes. S’ils connaissent les messages de prévention, 70% d’entre eux ne font rien pour s'en prémunir. Pire, 75% des personnes interrogées n'agissent pas car ils pensent avoir un risque élevé, même s'ils font des efforts.
« 40% des cas de cancer peuvent être évités »
Un fatalisme pourtant contredit par la médecine car 40% des cancers sont liés aux modes de vie et pourraient donc être évités par des changements de comportements individuels, comme l’explique Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation ARC. « Les Français sont très fatalistes face au cancer, car c’est une maladie très multiforme. Donc ils sont persuadés pour la moitié d’entre eux que quoi qu’ils fassent, ils ont un risque de développer un cancer, ce qui est faux. Les statistiques scientifiques considèrent que 40% des cas de cancer peuvent être évités par une adaptation des comportements individuels : ne pas fumer, avoir une consommation d’alcool extrêmement modérée, avoir une alimentation équilibrée, et pratiquer une activité sportive régulière. C’est du bon sens ».
« Faire de l’exercice, limiter sa consommation d’alcool et de cigarettes… »
Cancérologue, Suzette Delaloge estime que ce sentiment est dû aux particularités de la maladie. « C’est virtuel, le cancer : on n’a pas de marqueur comme la tension ou le cholestérol pour que les personnes se rendent vraiment compte et que les comportements changent vraiment. Ce sont vraiment des choses simples : maîtriser son poids tout au long de sa vie, faire de l’exercice, limiter sa consommation d’alcool et de cigarettes ».
« Toutes les familles sont touchées par le cancer »
Mais pour beaucoup, comme Nathalie, « le discours ne passe pas, je fume, je ne fais pas de sport du tout. Toutes les familles sont touchées par le cancer, même si moi je change, ça n’empêchera pas le cancer d’arriver à un moment ou un autre ». Alors pour Gary, fumeur, autant en profiter. « Si j’ai un cancer, j’ai un cancer, je mourrai bien un jour, donc pourquoi se priver des belles choses de la vie ». Selon la fondation ARC, pourtant, 400 des 1000 cas de cancers déclarés chaque jour pourraient être évités.











