Arrivée précoce, régions concernées... À quoi ressemble le début de cette épidémie de grippe?

L'hiver n'est pas encore là et l'épidémie de grippe saisonnière a commencé dans plusieurs régions métropolitaines françaises. Selon les autorités sanitaires, le reste de l'Hexagone devrait rapidement suivre.
La semaine dernière, achevée le dimanche 30 novembre, a été marquée par une "nette augmentation des indicateurs (de la) grippe dans toutes les classes d'âge", a résumé Santé publique France dans son bilan hebdomadaire des infections respiratoires publié mercredi 3 décembre.
· Comment démarre l'épidémie cette année?
La fin novembre a vu l'Île-de-France, la Normandie et la Nouvelle-Aquitaine basculer en phase épidémique, selon le point d'étape de Santé publique France. "Toutes les autres régions hexagonales (sont) en pré-épidémie, exceptée la Corse." Outre-mer, Mayotte est, elle, frappée par l'épidémie depuis la semaine précédente.
S'apprête-t-on à vivre un épisode particulièrement virulent? "C'est difficile de faire des prédictions mais on peut dire qu'on est sur des courbes qui commencent à monter relativement tôt", commente auprès de BFMTV Marie-Anne Rameix-Welti, responsable du Centre national de référence des virus des infections respiratoires à l’Institut Pasteur.
"Chez nos voisins, en Angleterre, et en Espagne, les épidémies de grippe ont été précoces cette année", note également la virologue.
L'épidémie de grippe saisonnière avait été particulièrement sévère la saison dernière avec plus de 17.000 décès - contre une moyenne tournant autour de 10.000. Elle avait aussi été exceptionnellement marquée chez les plus jeunes, envoyant de nombreux bébés à l'hôpital.
· Quelles souches du virus circulent ?
Trois virus saisonniers de la grippe circulent chez l'Homme: le A(H1N1), le A(H3N2) et le B. Cette année, Santé publique France observe que "les virus de type A prédominent très largement, avec une augmentation" depuis la semaine du 17 au 23 novembre, "de la part du sous-type AH3N2 par rapport au sous-type AH1N1".
"L'année dernière, on a eu une épidémie où les trois virus ont co-circulé, ce qui n'est pas très classique. En intersaison, on a eu beaucoup de H1N1 qui a circulé et là, on a l'impression qu'on est en train de basculer sur une majorité de H3N2", confirme Marie-Anne Rameix-Welti.
"Ce qui est un peu inquiétant, et qui nous fait craindre que l'épidémie soit relativement forte, c'est que le virus H3N2 qui circule majoritairement est du sous-clade K (un variant du virus, NDLR)", met en garde la professeure.
"Donc il risque de ne pas être très bien reconnu par l'immunité générale de la population et moins bien couvert par le vaccin".
· Le vaccin est-il efficace?
L'efficacité du vaccin contre la grippe n’est jamais totale car les virus influenza, responsables de la maladie, peuvent muter extrêmement vite. Les doses étant produites plusieurs mois à l'avance, les souches intégrées dans le vaccin peuvent être différentes de celles qui circulent.
Cette année, "les toutes premières données d'efficacité vaccinale sont quand même plutôt rassurantes", assure Marie-Anne Rameix-Welti. "On n'a pas un échappement vaccinal majeur. On est aussi aidés par la mise en place de vaccins surdosés pour les sujets âgés qui ne s'immunisaient pas très bien".
Même partiellement efficace, la vaccination demeure essentielle. "Elle permet d'éviter quand même un très grand nombre de cas", rappelle Marie-Anne Rameix-Welti.
Le vaccin prévient par ailleurs "les formes sévères" de la maladie. Il est ainsi recommandé (et pris en charge) pour tous les patients à risque: les personnes âgées de 65 ans et plus, les personnes souffrant de maladies chroniques, les femmes enceintes, etc. Il est aussi gratuit pour d'autres catégories comme les professionnels de santé ou l’entourage des nourrissons de moins de 6 mois.
S'ils n'ont pas le droit à un remboursement total, les enfants (prise en charge à 65%) et les adultes (pas de prise en charge) peuvent aussi se faire vacciner. "C'est bien que tout le monde le fasse", estime Marie-Anne Rameix-Welti, qui met en avant la balance "bénéfice-risque".
"Le vaccin contre la grippe est bien connu depuis les années 70, il ne présente vraiment aucun risque. Au minimum, il y a un bénéfice personnel qui est d'éviter d'avoir une grippe symptomatique qui vous colle 40 de fièvre pendant plusieurs jours et vous laisse fatigué pendant un mois. Ensuite, d'un point de vue altruiste, il limite la circulation du virus car moins de gens l'attrapent", développe la spécialiste.
Cette année, la campagne de vaccination semble démarrer plus efficacement. Le ministère de la Santé a annoncé qu'il allait débloquer des stocks de sécurité face à l'inquiétude des pharmaciens dont certains disent être déjà à court de doses.
Déjà 9,9 millions de doses délivrées, soit une hausse de 16%, par rapport à 2024. Parmi elles, 6,4 millions ont été administrées par les pharmaciens (+31%). D'ici la fin de l'année, les doses de vaccins pourraient progresser jusqu'à 12,5 à 13 millions, prédit un syndicat de pharmaciens auprès de BFMTV.












