A 84 ans, une Vendéenne doit faire du stop pour se faire soigner

Des personnes âgées attendent en 2011 au service des urgences de l'hôpital Purpan à Toulouse (image d'illustration) - Pascal Pavani - AFP
Presque aveugle, une femme de 84 ans n'a finalement pas eu besoin de faire du stop mercredi pour aller se faire soigner. Après que Ouest France a raconté l'histoire d'Yvonne Sido, habitante de Pouzauges, une petite commune de Vendée, qui n'avait aucun moyen de transport pour se rendre à Cholet dans le département voisin du Maine-et-Loire, un élan de solidarité s'est formé.
C'est Bruno, bénévole aux Restos du cœur, qui l'a emmenée, attendue et ramenée à son domicile. L'homme de 41 ans a été ému par la détresse de cette femme âgée. "Quand j'ai vu l'article sur Facebook, ça m'a touché. Je lui ai tout de suite proposé de l'emmener", témoigne-t-il pour le quotidien régional. Une évidence pour cet homme, lui-même handicapé. "On m'a aidé quand j'étais en galère. C'est normal que j'aide, que je rende service. C'est un petit rien dans une vie". Yvonne est extrêmement touchée par cet acte d'une grande générosité: "Je suis bouleversée, émue et j'en ai les larmes aux yeux".
"Je ne peux plus écrire, ni lire"
La distance de 40 km qui la séparait de la polyclinique où elle devait rencontrer un neurologue avant une opération de la main, s'était révélée impossible à parcourir pour Yvonne. Car l'octogénaire, qui se disait "désespérée, à bout de nerfs", ne peut pas conduire, aveugle à 80%.
"J'ai une carte handicapée, racontait-elle pour Ouest France. Je ne peux plus écrire, ni lire. Je suis aujourd'hui au seuil de la non-voyance et je dois être accompagnée dans tous mes déplacements".
Pas de prise en charge par l'Assurance maladie
Sa fille et ses voisins ne pouvaient pas la véhiculer. Seule depuis le décès de son mari, sa petite retraite de 800 euros par mois ne lui permettait pas de s'offrir un taxi, le trajet lui aurait coûté une centaine d'euros. Elle espérait bénéficier d'une prescription médicale de transport, prise en charge par l'Assurance maladie. Mais elle lui a été refusée.
"Mon médecin généraliste m'a donné ce bon de transport tout en me prévenant que cette demande pourrait être refusée par la Sécurité sociale. Effectivement, un agent m'a confirmé que je n'y avais pas droit."
Un nouveau rendez-vous en stop ?
La CPAM de La Roche-sur-Yon a assuré de son côté "qu'aucune prescription médicale de transport n'a(vait) été transmise concernant ce dossier précis". Et que, dans tous les cas, elle avait peu de chances d'aboutir: "Les prises en charge restent exceptionnelles et elles sont réservées aux malades qui en ont besoin".
Yvonne ne bénéficiera de cette aide que le jour de son opération. D'ici là, une nouvelle épreuve l'attend. Elle a rendez-vous à Nantes le 18 juillet pour rencontrer son chirurgien. Et ne sait pas encore comment elle s'y rendra.











