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Comment trouver un bon naturopathe selon Bérangère Delhorme ?

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Huiles de bain - Couleur

Huiles de bain - Couleur - Bérangère Delhorme

Les idées reçues sur la naturopathie ont la vie dure. Charlatanisme, collaboration avec la médecine, usage des huiles essentielles… Bérangère Delhorme, naturopathe diplômée et membre de la Fédération Française de Naturopathie fait le point sur les mythes qui entourent sa profession.

Qu’est-ce que la naturopathie ?

Bérangère Delhorme : La naturopathie est un ensemble de pratiques naturelles qui contribue au bien-être et au mieux-être des personnes accompagnées. La discipline englobe aussi bien des changements d'alimentation que la phytothérapie ou des massages… On peut travailler sur le stress, le sommeil, l’hygiène de vie. On accompagne aussi des personnes atteintes de maladies comme le cancer ou d’autres pathologies pour réduire les symptômes par exemple.

Un vrai bon suivi commence toujours par un bilan où le praticien écoute vraiment les mots et les maux de ses clients. De mon côté, j'accompagne la personne pendant 3 mois, c’est la durée d’une cure naturopathique. Pendant ce temps, elle peut revenir me voir, on réajuste les conseils. Il y a un vrai suivi, ce n’est pas simplement remettre une fiche de conseils. C’est d’ailleurs l’un des critères importants lorsque l’on choisit son naturopathe.

La naturopathie est souvent considérée comme une médecine douce. Est-ce le cas ?

Bérangère Delhorme : Je n’aime pas ce terme. Ce n’est pas de la médecine, c’est de la naturopathie. Le premier pilier de la naturopathie, c’est l’assiette. Cela renvoie au premier pilier d’Hippocrate : que ton alimentation soit ta première médecine. Quand je fais un bilan par exemple, la première partie sera toujours l’alimentation : ce que vous allez ingérer va avoir un effet sur votre corps. La naturopathie fonctionne en “cascade enzymatique”. Tout va avoir une répercussion. Depuis quelques années, on parle beaucoup de la junk food, des maladies de civilisation comme le diabète... Il n’y a jamais eu autant de maladies auto-immunes, lorsque votre corps se rebelle contre vous. La naturopathie va aider à calmer le fonctionnement de votre organisme.

Comment reconnaître un bon naturopathe ?

Bérangère Delhorme : Déjà, si sa formation n’est pas validée par la FENA (Fédération Française de Naturopathie), c’est mauvais signe. On peut accompagner des pathologies lourdes, comme des cancers, des lymphœdèmes… Un praticien sérieux ne vous dira jamais d’arrêter un traitement. C’est à nous de nous adapter. Un vrai naturopathe professionnel ne dénigrera jamais un médecin, au contraire, il encourage à aller voir des professionnels de santé. Nous ne sommes pas médecins, nous faisons de la prévention et de l’accompagnement de manière naturelle. C’est très important pour nous. Nous ne sommes pas contre la médecine. Bien au contraire. C’est important d’encourager à faire des examens : bilans sanguins, imagerie…

Moi par exemple, je suis entourée, je travaille régulièrement avec un angiologue, un gériatre, un psychologue, des infirmières, quand j’ai besoin. J’oriente vers les bons professionnels. C'est aussi le rôle d’un naturopathe, encourager la personne à aller voir des professionnels pour pouvoir accompagner de façon naturelle après. Il existe un code de déontologie de la profession qui exclut l’appât du gain, le marketing de réseau, les mauvaises pratiques…

Que contient la formation de naturopathe ?

Bérangère Delhorme : La naturopathie englobe beaucoup de pratiques : aromathérapie, phytologie, psychologie, réflexologie plantaire, pharmacopée française. Une trentaine de matières sont abordées pendant la formation… Il y a beaucoup d’anatomie par système : digestif, respiratoire, cardiovasculaire, cutanée... La FENA valide plusieurs écoles, cela garantit une formation de qualité encadrée avec de vrais enseignants professionnels, comme des infirmières, des chercheurs de l’Inserm, des nutritionnistes, des ostéopathes, des professionnels de santé avérés. Elle dure bien souvent un an à temps complet avec des cours en présentiel, où vous devez être présents, sinon, vous ne pouvez pas accéder à l’examen. Tout au long de l’année, il y a des examens, tous les trimestres. Il faut avoir 12 de moyenne pour valider. Pour valider le diplôme, il y a un stage obligatoire de 3 semaines, la rédaction d’un mémoire et l’examen final avec plus de 200 questions.

Vous tirez la sonnette d’alarme sur l’usage des huiles essentielles…

Bérangère Delhorme : Oui, attention au marketing de réseaux, qui est interdit en France et qui est une sorte d’arnaque pyramidale. Il y a ce système dans le domaine des huiles essentielles. De grandes marques américaines débarquent sur le marché avec des vendeuses qui ne sont absolument pas formées. En une journée, elles se disent conseiller en Aromathérapie et font bien souvent beaucoup d'erreurs, et vendent des coffrets hors de prix, et mêmes ateliers ! Elles suivent des fiches sans savoir vraiment le fond des choses. J’ai une formation académique, en présentiel avec des examens et cas pratiques, je trouve cela dangereux, parce que cela touche au milieu de la santé. C’est un métier. Ce n’est pas pour arrondir les fins de mois. Le bien être n’est pas un jouet du marketing de réseau, attention en cette période de Noël !

Faut-il se méfier des huiles essentielles ?

Bérangère Delhorme : Il faut juste les utiliser à bon escient. Ce sont des produits concentrés, très puissants. Il y a, par exemple, des huiles que l’on ne peut pas utiliser chez la femme enceinte, l’enfant, les personnes âgées. Des personnes peuvent déclencher des allergies ou des intolérances.

Il y a des risques à utiliser les mauvaises huiles essentielles. Il faut aussi savoir que ça ne s’utilise jamais tel quel. Elles doivent être diluées dans de l’huile végétale ou un corps gras comme du miel, par exemple, pour l’ingestion. Contrairement aux idées reçues, dans de l’eau, elles n’auront aucun effet. Il y a des marques qui proposent des huiles essentielles encapsulées comme des capsules pour le drainage par exemple. Dans ce cas, elles peuvent être ingérées.

Quels sont les autres points auxquels il faut faire attention pour choisir son praticien ?

Bérangère Delhorme : Un professionnel ne vous recommandera jamais une seule approche avec une seule typologie de compléments. En tant que naturopathe, nous sommes envahis de produits de laboratoire. Moi, par exemple, je fonctionne beaucoup avec des produits en galénique liquide, qui vont être beaucoup plus efficaces. Ils se déposent sous la langue, où il y a des glandes sublinguales, pour aller directement dans le sang, sans passer par le système digestif. C’est bien, par exemple, si vous avez des troubles digestifs. Un bon praticien se mettra toujours à la place de ses clients. Par exemple, j’ai une cliente qui est allée voir une autre naturopathe. Celle-ci lui avait prescrit 12 compléments ! Bien sûr, tous du même laboratoire. C’est beaucoup trop. Comment peut-on se sentir bien en prenant 12 compléments ? C’est aussi quelque chose auquel il faut faire attention. C’est important que ce soit personnalisé, on ne fait pas les mêmes prescriptions pour tout le monde. On s'adapte en fonction des problématiques de chacun.

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