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"traumatisé" par xynthia et ses suites, un maire démissionne

Le maire de Charron, Jean-Francois Faget (à droite), ici aux côtés de Nicolas Sarkozy, dans son village, après la tempête Xynthia en février dernier. L'édile de Charente-Maritime a annoncé à Reuters qu'il démissionnait de ses fonctions sous le coup du "tr

Le maire de Charron, Jean-Francois Faget (à droite), ici aux côtés de Nicolas Sarkozy, dans son village, après la tempête Xynthia en février dernier. L'édile de Charente-Maritime a annoncé à Reuters qu'il démissionnait de ses fonctions sous le coup du "tr - -

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BORDEAUX (Reuters) - Le maire de Charron, commune de Charente-Maritime dévastée par la tempête en février, a annoncé à Reuters qu'il démissionnait...

BORDEAUX (Reuters) - Le maire de Charron, commune de Charente-Maritime dévastée par la tempête en février, a annoncé à Reuters qu'il démissionnait de ses fonctions sous le coup du "traumatisme" causé par Xynthia et ses conséquences.

Lui-même victime de la tempête, qui a fait 53 morts fin février en Vendée et Charente-Maritime, Jean-François Faget s'était beaucoup investi pour les 2.200 habitants de sa commune. Il a choisi de s'installer à La Rochelle.

"Par souci d'honnêteté, j'ai présenté ce matin ma démission au préfet qui rendra sa décision lundi prochain. Cette tempête a laissé des traces profondes. C'est un traumatisme qui ne passe pas", a-t-il expliqué à Reuters.

"Mon esprit est entièrement occupé par cette terrible nuit et je n'arrive pas à m'intéresser à autre chose. Il faut que je passe la main pour que la commune continue à avancer", a-t-il ajouté. "Il faut que je tourne la page".

Il se remémore encore cette nuit du 27 au 28 février où sa vie "a basculé", quand il s'est retrouvé avec son épouse pendant des heures avec de l'eau jusqu'au menton mais a trouvé la force ensuite d'organiser les secours.

"La solidarité a été exceptionnelle dans les heures, les jours et les semaines qui ont suivi. Aujourd'hui, il faut dépasser tout ça et je n'y arrive pas", dit-il.

Charron a été particulièrement touchée. Trois personnes y sont mortes et 250 maisons sur les 900 du village ont subi des dégâts. Au total, 180 habitations déclarées en "zone noire" ou "de solidarité" sont vouées à la destruction.

"Les premières négociations avec les services de l'État sur le rachat des biens à détruire se passent bien. Nous avons ouvert 15 hectares de terrains à l'urbanisation soit pour les sinistrés soit pour de nouvelles populations. La vie continue, mais moi, je n'ai plus le ressort pour continuer", affirme Jean-François Faget.

Le fait que deux autres élus municipaux aient déjà démissionné depuis la tempête implique qu'une nouvelle élection soit organisée, au plus tard au mois de septembre.

Claude Canellas, édité par Sophie Louet