Thème 2 : L'autonomie des universités
J-J B : Regardons l’autonomie des universités. L’université s’ouvre, c’est l’idée de la réforme, elle peut s’ouvrir par exemple à l’entreprise privée. Une entreprise privée viendra participer au fonctionnement de l’université, c'est-à-dire financera une partie du fonctionnement de l’université, c’est bien ça ?
V P : Je vous reprends un peu parce qu’il faut être très précis. Aujourd’hui, le budget de l’université c’est 10 milliards d’euros de crédits entièrement de l’Etat, ensuite il y a un milliard d’euro des collectivités locales qui investissent dans le bâtiment ou plus. Ça fait donc onze milliards d’euros. Ce que permet la loi aux universités, c’est de créer des fondations universitaires, dans lesquelles elles pourront récupérer quelques centaines de milliers d’euros. Le mode de fonctionnement de ces fondations : elles récupéreront de l’argent. Ça va venir petit à petit, c’est quand même un changement de culture pour les entreprises de faire du mécénat universitaire. Ces fondations universitaires c’est le conseil d’administration de l’université où siègent les étudiants, les personnels, les enseignants chercheurs, qui décidera de comment les fonds vont être attribués. Les enseignants chercheurs sont farouchement attachés à leur indépendance, les étudiants le prouvent encore aujourd’hui, ils sont attachés à la qualité de la formation.
J-J B : Vous n’avez donc pas choisi le modèle américain ?
V P : Il n’y a pas de privatisation de l’université à craindre, d’autant plus que l’Etat gardera l’entière compétence sur la définition des diplômes et sur leur délivrance. On est d’ailleurs en train de travailler sur un chantier sur la réussite en licence, nous voulons profondément la rénover et particulièrement celle de sciences humaines parce qu’elles sont au centre du débat mais on va bien montrer avec ce débat à quel point c’est l’Etat qui a la main.












